Publié

Hockey sur glaceGE Servette a 81% de chances d'éliminer Berne

Mené 3-1 par GE Servette en quarts de finale, le SCB est au bord du précipice. A la PostFinance Arena, l'heure n'est plus à la rigolade, mais à la recherche de solutions.

par
Frédéric Lovis
Keystone

Le directeur général du CP Berne, Marc Lüthi, a perdu son sourire. Ou du moins paraît-il davantage crispé que celui affiché vendredi, une poignée d'heures avant l'acte IV de nouveau perdu par l'Ours. Sollicité hier pour répondre à quelques questions, le dirigeant s'est défilé. «L'heure n'est pas aux interviews, l'heure est encore au jeu», a-t-il décrété.

Soit. Le grand manitou du club de la capitale est pourtant proche de devoir rendre des comptes, comme «son» équipe bâtie à coup de millions. Un rapide regard dans les livres d'histoire du hockey suisse tend à le prouver: depuis la saison 1999-2000, 26 quarts de finale ont accouché d'une situation semblable à celle vécue actuellement par GE Servette et Berne. Or seules cinq organisations menées 3-1 après quatre matches disputés sont parvenues à inverser la tendance. Statistiquement, l'Ours a donc 81% de chances de devoir entrer en hibernation d'ici à, au plus tard, samedi 23 h 30.

Précédent genevois

Chose cocasse à relever: le dernier club à être parvenu à renverser une situation aussi mal emmanchée fut… GE Servette en 2009-10. Mené 3-1 par FR Gottéron, l'Aigle avait réussi à redresser la barre, puis à voler jusqu'en finale. «Après notre défaite de samedi, j'ai repensé à cette série», avoue Franco Collenberg. Le défenseur du CP Berne évoluait alors pour le compte du Dragon. Il avait vu de ses propres yeux qu'une équipe, même placée au bord du précipice au stade des quarts de finale déjà, pouvait s'en sortir.

L'ex-Fribourgeois n'accorde toutefois pas plus d'importance que cela à ces lointains souvenirs. «On est mal conseillé quand on se raccroche à ce genre de trucs, sourit-il. Concentrons-nous sur notre jeu, sur ce que nous avons à faire. Le reste viendra tout seul.»

Un blockhaus «grenat» à percer

Prendre match après match, augmenter l'intensité du jeu proposé, continuer à travailler fort et commencer par gagner la partie du jour: autant de banalités proposées par Beat Gerber et Tristan Scherwey au moment de décrire l'attitude à adopter pour faire face à l'urgence de la situation. Une urgence palpable à la PostFinance Arena, où, malgré la disponibilité affichée par les composantes d'un groupe au bord de l'explosion, on se réfugie derrière des lieux communs et des sourires autant crispés que celui affiché par Marc Lüthi.

Le directeur sportif Sven Leuenberger, lui, va au-delà du convenu. «GE Servette joue de la même manière que l'armée suisse défend son pays: en étant regroupé sur lui-même. Pour nous, la solution viendra de notre capacité à faire bouger leurs défenseurs, à les mettre hors de position par notre vitesse de patinage, par notre rapidité d'exécution. C'est ça notre force. Si nous parvenons à les attirer dans les coins, ils auront beaucoup de peine à se retourner à temps pour venir défendre devant leur gardien.»

«Seul Bezina manque vraiment»

Quand on lui fait part de notre surprise de voir le CP Berne buter, lors des deux dernières rencontres, sur cette arrière-garde genevoise fortement diminuée par les absences de Goran Bezina, Pavel Kubina et Marc Gautschi, Sven Leuenberger sourit. «Pour moi, seul Bezina manque vraiment à cette équipe.»

Devoir déjà s'effacer à ce stade précoce de la compétition n'est pas une rareté dans l'histoire récente du SCB. Ces 13 dernières années, pareille mésaventure lui est arrivée à cinq reprises (2000, 2002, 2006, 2008 et 2009). Et il y a donc 81% de chances qu'une sixième élimination de ce genre soit vécue dans les heures à venir. Si ce moment-là devait arriver, Marc Lüthi perdrait définitivement son sourire crispé. Il devrait dès lors rendre des comptes, comme «son» équipe bâtie à coup de millions.

Ton opinion