Football: Geiger: «On n'a pas le droit de dire qu'on ne veut pas de l'Europe»
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FootballGeiger: «On n'a pas le droit de dire qu'on ne veut pas de l'Europe»

En pétard contre la VAR, l'entraîneur d'un Servette retrouvé face à Lucerne (2-0) n'a pas peur de le dire: les Grenat ont fait de la 4e place un «objectif commun».

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Sport-Center
Expulsé pour la première fois de sa carrière d'entraîneur, Alain Geiger a l'oeil noir mais quelques idées roses, aussi.

Expulsé pour la première fois de sa carrière d'entraîneur, Alain Geiger a l'oeil noir mais quelques idées roses, aussi.

Keystone

Alain Geiger n'avait jamais été expulsé d'un match, en 23 ans de carrière d'entraîneur. La lacune est comblée depuis mercredi soir, puisque le Valaisan a vu rouge à la 45e minute de Servette-Lucerne (2-0), après avoir dit ce qu'il pensait à l'arbitre M. Tschudi et son assistant. La sanction: un match de suspension. «Je n'ai pas employé de vilains mots, je leur ai juste demandé s'ils étaient aveugles», précise l'entraîneur des Genevois, qui a donc suivi la seconde période depuis le haut de la tribune.

L'objet de son courroux? Voir le Lucernois Marco Bürki écoper d'un carton jaune pour avoir découpé Miroslav Stevanovic, puis Alex Schalk expulsé pour avoir voulu venger son coéquipier d'une poussette certes stupide, mais tout sauf dangereuse. «Il faut m'expliquer à quoi sert cette VAR, tonnait l'entraîneur des Grenat. Nous aurions dû continuer à dix contre dix, parce qu'il y avait clairement volonté de casser Stevanovic, comme Imeri ensuite (ndlr: expulsion de Stefan Knezevic à la 95e… après consultation de la VAR)

«On ne va pas se gêner»

Alain Geiger avait heureusement bien de quoi contrebalancer cet agacement-là. Retrouvée, son équipe a réalisé une première mi-temps de haut vol. «Après avoir été un peu en dedans à Zurich, on voulait montrer que ce match était important pour nous. J'ai vu la réaction d'une équipe qui avait vraiment envie, avec une bonne jouerie. On était de loin la meilleure équipe sur le terrain, avant les incidents, soulignait le technicien. Il n'y a rien d'autre à dire que bravo aux joueurs qui, une fois à dix, se sont montrés solidaires voire héroïques en deuxième mi-temps. J'ai l'impression que nous avons retrouvé cette faculté à nous sacrifier les uns pour les autres, que nous avions peut-être un peu perdue.»

Un atout qui ne sera pas inutile, alors que le sprint-marathon se poursuit dès dimanche à Saint-Gall. Servette est à nouveau quatrième du classement, donc virtuellement qualifié pour le tour préliminaire de la Ligue Europa. Et il compte bien s'accrocher à ce rang, mordicus. «Cela fait des années que l'ensemble du club travaille pour ça, nous n'allons rien lâcher, lance Christopher Routis, très bon mercredi dans l'axe de la défense. Je pense qu'aujourd'hui, nous sommes à notre place et, s'il y a moyen d'aller chercher Bâle (ndlr: 3e, cinq points devant), on ne va pas se gêner. Nous voulons gagner tous les matches.»

«On en parle dans le vestiaire»

Un discours conquérant, qui colle à celui employé par Alain Geiger. Le coach salive à l'idée de faire renouer les Grenat avec l'Europe, fût-ce un tour préliminaire. «Vu la situation au classement, oui, on en parle dans le vestiaire, dit le Valaisan. On s'est donné cet objectif commun de se battre pour garder cette quatrième place. Après la saison qu'on fait jusqu'ici, on a envie d'aller au bout.»

La crainte de voir une éventuelle qualification européenne se transformer en cadeau empoisonné pour la saison prochaine, sur le plan de la préparation et du physique? L'entraîneur la balaie sans hésiter: «On n'a pas le droit de dire qu'on ne veut pas de l'Europe, sous prétexte qu'on pourrait être carbonisé cet automne, estime Geiger. Il ne faut pas pleurnicher, on veut avancer, continuer à apprendre et progresser. On veut jouer toutes les compétitions à fond.»

Simon Meier, Genève

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