Belgique - Geluck attaqué sur son musée du Chat
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BelgiqueGeluck attaqué sur son musée du Chat

Des artistes s’opposent au projet bruxellois centré sur le célèbre héros de BD. Le dessinateur, qui s’est dit blessé, serait prêt à y renoncer.

par
Michel Pralong
On se déchire désormais sur le projet du musée du Chat de Philippe Geluck.

On se déchire désormais sur le projet du musée du Chat de Philippe Geluck.

AFP

Cela fait depuis 2008 que Philippe Geluck caresse un rêve. Ouvrir un musée qui célébrerait non seulement son propre personnage, mais également le dessin d’humour en général. L’ayant évoqué à de multiples reprises, il a fini par trouver des oreilles attentives en France, notamment à Paris. Mais, apprenant cela, Bruxelles, ville du dessinateur, a décidé de réagir et a entamé des discussions avec l’auteur en 2014, qui ont abouti à un accord: le Chat aurait son musée dans la capitale belge, dans un bâtiment abandonné depuis 2011. Coût total, 18 millions d’euros, dont 9 millions d’argent public pour rénover le bâtiment et le reste financé par Geluck lui-même (provenant notamment de la vente de ses œuvres, dont les statues actuellement exposées sur les Champs-Elysées à Paris) et de sponsors.

Personne n’y a trouvé à redire jusqu’à la semaine dernière, moment où le permis d’urbanisme a été accordé au musée. Une pétition a alors aussitôt été lancée pour demander l’abandon du projet. Les opposants s’indignent que de l’argent public soit mis dans cette aventure alors que le futur nouveau Musée d’art moderne piétine. Mais ils critiquent également le fait ce musée du Chat ne soit qu’à la gloire de Geluck. «La collection du Musée d’Art Moderne est composée de tableaux et de sculptures conçus pour être vus dans un musée, contrairement aux dessins de Philippe Geluck, qui sont faits pour être reproduits. Le public amateur d’art ne comprendrait pas qu’à l’exposition d’un ensemble riche et varié, constitué au cours de dizaines d’années, dont la qualité ne peut être mise en doute, soit préférée celle des productions d’un dessinateur de presse investi dans une démarche d’autopromotion».

Geluck veut-il encore plus d’honneurs, lui qui est déjà parmi les auteurs de BD à (grand) succès? Il fait en tout cas visiblement des jaloux, puisque la pétition a vite recueilli plusieurs milliers de signatures. Le fait que le permis d’urbanisme soit accordé en plein confinement alors que les artistes souffrent particulièrement, n’a sans doute pas amélioré les choses. Mais Geluck a également toujours dit vouloir profiter de la notoriété du Chat pour mettre en lumière le dessin de presse en général dans son musée.

Face à face à la télé

Face à la polémique, le dessinateur s’est confronté aux deux initiateurs de la pétition dimanche 2 mai sur la chaîne belge RTL-TVI, comme le rapporte Moustique. Les opposants ont répété qu’ils se battaient pour une égalité de traitement, trouvant qu’on en faisait trop pour Geluck alors que tant d’autres artistes sont délaissés. Ils ont également affiché un mépris certain pour le dessinateur, son travail et la BD en général. L’auteur s’est alors dit profondément blessé par cette pétition et les messages haineux qu’elle a suscités sur les réseaux sociaux. Et de conclure en fin d’émission: «Si on trouve un meilleur usage au bâtiment, je vous le dis publiquement aujourd’hui, je me retire et j’abandonne ce projet avec humilité et avec respect pour tous les autres artistes». «Ce ne sera pas difficile» lui a alors brutalement lancé son opposante.

Ce lundi 3 mai, Philippe Geluck réagissait avec le dessin ci-dessous sur sa page Facebook, remerciant au passage les nombreuses personnes qui lui apportaient son soutien.

Philippe Geluck/Facebook

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