Suisse: Génériques: prix de référence en vue?
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SuisseGénériques: prix de référence en vue?

L'association faîtière «interpharma» entrerait en matière sur un prix de référence pour les médicaments génériques.

par
Christine Talos
Keystone

Les médicaments génériques restent deux fois plus chers en Suisse qu'à l'étranger, selon la dernière comparaison des prix réalisée ce printemps et publiée jeudi. Ceci en raison du processus d'approbation complexe de Swissmedic et des salaires des grossistes aux pharmaciens deux fois plus élevés que dans l'Union europèenne (UE), avait expliqué la faîtière des fabricants de génériques Intergenerika.

Mais les choses semblent bouger. En effet, selon Le Temps vendredi, l'association faîtière interpharma serait prête à entrer en matière sur le système d'un prix de référence pour les génériques. Actuellement, les prix des médicaments génériques en Suisse sont fixés par rapport à ceux des médicaments originaux. Mais un système de référence permettrait à l'assurance obligatoire de ne rembourser qu'un montant fixe par substance active. Les génériques ayant des substances actives identiques, les mêmes dosages et des emballages de même grandeur seraient regroupés dans une seule catégorie de prix.

400 millions d'économies

Il serait possible d'économiser 400 millions de francs, soit 1,6%, en introduisant un système de prix de référence, avait estimé le Surveillant des prix dans un rapport rendu public le 22 mai dernier. Car c'est le prix du médicament le meilleur marché qui serait pris en compte. Et la comparaison avec les prix pratiqués à l'étranger permettrait de fixer une limite supérieure, avait-il précisé.

L'entrée en matière est donc une avancée décisive dans cette guerre des prix. Toutefois, le directeur d'interpharma René Buholzer pose ses conditions: il exige que le médecin et non les caisses puisse décider si le médicament qu'il prescrit sera un générique ou un original, ceci dans l'intérêt du patient, dit-il. Malgré tout, le lobby de la pharma fait preuve d'une ouverture encore impensable il y a 5 ans, écrit le Temps qui estime même qu'il s'agit «d'un tabou qui tombe».

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