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Relations internationalesGenève célèbre 100 ans du multilatéralisme

Des conférences et expositions marqueront jusqu'en 2020 le centenaire du multilatéralisme dans la cité du bout du lac.

La question se posait sur les célébrations du centenaire d'une organisation considérée par beaucoup comme un échec, a dit à Keystone-ATS le maire de Genève Sami Kanaan.

La question se posait sur les célébrations du centenaire d'une organisation considérée par beaucoup comme un échec, a dit à Keystone-ATS le maire de Genève Sami Kanaan.

Keystone

De nombreuses conférences et expositions vont commémorer à Genève jusqu'en 2020 les 100 ans du multilatéralisme. Les archives de la Société des Nations (SDN) doivent elle être entièrement numérisées d'ici 3 ans.

Des expositions sont prévues dès octobre prochain sur trois sites, grâce à une collaboration entre la Fondation Bodmer, l'ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Autre initiative, les 100 ans de la première assemblée de la SDN à Genève sera commémorée le 15 novembre 2020.

La question se posait sur ces célébrations pour le centenaire d'une organisation considérée par beaucoup comme un échec, a dit à Keystone-ATS le maire de Genève Sami Kanaan. Mais «on fête plutôt les 100 ans du multilatéralisme», affirme-t-il.

Un peu d'histoire

Quand le président Roosevelt a dit non à Genève pour l'ONU L'ONU a remplacé la SDN, dissoute en 1946. Mais elle a été établie à New York, reléguant Genève au rang de siège européen. Le président américain Franklin Delano Roosevelt s'était opposé à ce que l'institution soit abritée dans la ville qu'il associait à l'échec de la précédente organisation, explique un ouvrage qui vient d'être publié.

Avant même la fin de la Seconde Guerre mondiale, un comité du département d'Etat américain chargé de faire des propositions sur le site de la future ONU avait recommandé que celle-ci et ses agences soient abritées à Genève et en France voisine.

Ces deux zones auraient alors été «internationalisées», raconte un livre sur le premier secrétaire général de la Société des Nations (SDN) Eric Drummond publié il y a deux mois pour les 100 ans du multilatéralisme.

Ce scénario d'un statut spécial aurait permis d'éviter les possibles contradictions entre la neutralité suisse et une organisation qui pourrait décider «d'actions militaires», explique un autre ouvrage de la fin des années 50.

Mais le président américain estimait que Genève était trop associée à l'échec de la SDN. Et le dirigeant soviétique Joseph Staline souhaitait aussi que le siège soit aux Etats-Unis, a relevé mercredi le directeur général de l'ONU Michael Møller, lors d'une réunion à l'occasion de la première Journée internationale du multilatéralisme.

Il était favorable à ce scénario pour éviter que les Etats-Unis refusent de s'y engager comme lors de la SDN, a-t-il ajouté. Le Congrès américain avait proposé fin 1945 le scénario des Etats-Unis et New York avait ensuite été décidée en raison du don de la zone où le quartier général actuel se trouve.

Un bureau des villes

La «Genève internationale» pourrait accueillir un nouvel acteur dès cet automne. La Ville de Genève et la mission suisse auprès de l'ONU à Genève veulent lancer un bureau des villes pour faire le lien avec les organisations internationales et les autres institutions.

Elles oeuvrent sur ce chantier «depuis quelques mois», a affirmé à Keystone-ATS le maire de Genève Sami Kanaan. Il souhaite pouvoir annoncer ce nouveau secrétariat d'ici la fin de l'année et peut-être même «dès l'automne».

Ce dispositif permettrait d'étendre le dialogue entre les réseaux internationaux de villes et les organisations internationales, les ONG ou encore les acteurs académiques. Ces dernières années, le rôle des municipalités sur la scène internationale a augmenté, notamment sur des questions comme le changement climatique, insiste M. Kanaan.

«Personne ne prétend remplacer les Etats», précise-t-il toutefois. Mais tous les acteurs «savent que les élus locaux sont au contact de tous» ceux qui sont affectés par les défis internationaux.

Le scénario d'un Parlement des maires est également en discussion. S'il devait aboutir, Genève pourrait être candidate pour l'accueillir, dit M. Kanaan.

Les maires sont de plus en plus associés aux grandes réunions. Un rassemblement, auquel M. Kanaan avait été convié mais n'avait pu participer, a été lancé récemment en marge du G20. A Genève, le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) ou la Commission économique de l'ONU pour l'Europe (CEE-ONU) ont eux aussi organisé ces derniers mois des formats sur les villes.

(ats)

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