Fourrière: Genève: Des chiens sous saisie
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FourrièreGenève: Des chiens sous saisie

Une dizaine de canidés attendent à Collex-Bossy (GE) une décision de justice. Ils ont remplacé les chiens errants.

par
Valérie Duby
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Le dogue de Bordeaux –interdit à Genève –sera placé dans un autre canton.

Le dogue de Bordeaux –interdit à Genève –sera placé dans un autre canton.

Christian Bonzon/LMS
Le dogue de Bordeaux –interdit à Genève –sera placé dans un autre canton.

Le dogue de Bordeaux –interdit à Genève –sera placé dans un autre canton.

Christian Bonzon/LMS
Genève est le seul canton romand à posséder une telle structure, à Collex-Bossy.

Genève est le seul canton romand à posséder une telle structure, à Collex-Bossy.

Christian Bonzon/LMS

Pour des raisons de confidentialité et parce que, pour la plupart, une procédure est toujours en cours, on ne donnera pas les noms des dix chiens qui occupent les boxes de la fourrière cantonale genevoise. Le plus ancien – un yorkshire à la queue coupée (ce qui est interdit en Suisse) – est arrivé il y a six mois du Brésil. Il a été mis en quarantaine. Un setter vient d’être amené par la police, il était perdu du côté de l’aéroport. Il est pucé. Une personne proche du propriétaire a pu être avisée, mais «elle est en froid» avec ce dernier…

Les aboiements résonnent dans la fourrière de Collex (GE). Barbara Paget, la gardienne des lieux, ne perd visiblement jamais le sourire. Question d’habitude. Les chiens qui atterrissent aujourd’hui à la fourrière cantonale – la seule de Suisse romande – n’ont rien à voir avec les chiens errants de Walt Disney attrapés avec un filet… Dans 70% des cas environ, les canidés détenus proviennent d’une importation illégale ou alors ont été retirés à leur maître pour des questions de sécurité ou de mauvais traitements.

«Dossiers conséquents»

«Les chiens qui arrivent ici ont quand même des dossiers assez conséquents; les séquestres peuvent durer des mois», fait remarquer Michel Rérart. Le vétérinaire cantonal de Genève ajoute aussitôt que, pour les animaux en fourrière, «ce n’est bien entendu pas la fin du voyage»! À l’issue de leur séjour, ils sont remis, pour la plupart, à la Société genevoise de protection des animaux. En ce qui concerne les molosses, interdits dans le canton de Genève, ils trouvent généralement refuge dans un autre canton suisse. Lorsque les bêtes quittent la fourrière de Collex, ils sont tous «en règle», c’est-à-dire pucés et vaccinés.

La plupart des locataires de ce lieu sécurisé, et atteignable 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, sont évidemment des chiens (394 en 2016 sur 480 bêtes). L’an dernier, on a tout de même recensé 31 chats, 24 oiseaux exotiques, 4 lapins, 7 serpents, etc. Sans oublier une salamandre et une écrevisse… Certaines personnes collectionnent les animaux, frappées par ce que l’on nomme «le syndrome de Noé», une maladie qui consiste à posséder trop d’animaux et surtout plus que ce que l’on peut héberger, nourrir et soigner correctement.

À la fourrière cantonale, c’est désormais l’heure du dîner. Barbara Paget distribue les écuelles avec les croquettes dans les boxes. On le voit, certains chiens sont davantage peureux que d’autres. Comme ce lévrier irlandais de 8 ans, opéré d’une lésion ulcérative perforante à une patte dès son arrivée en fourrière. À côté, un énorme dogue de Bordeaux, qui se prête extrêmement bien au jeu des photos…

On trouve encore un amstaff, un corniaud, le sympathique yorkshire venu du Brésil, une chienne noire qui a eu un comportement agressif envers une personne, etc. Le soir, tous les chiens quittent les parcs et vont dormir dans des boxes. En attendant de pouvoir, un jour, trouver ou retrouver un maître.

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