Comité référendaire: Genève: l'extension du musée d'art et d'histoire divise

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Comité référendaireGenève: l'extension du musée d'art et d'histoire divise

Si le camp du «non» rejoint celui du «oui» sur la nécessité de rénover le bâtiment de 1910, il estime que le projet Jean Nouvel posait problème dès l'appel d'offres.

LAURENT GUIRAUD-ARCHIVES

Le comité référendaire «NON au saccage de notre patrimoine public» entre à son tour en campagne en vue de la votation du 28 février sur le projet de rénovation et d'extension du Musée d'art et d'histoire de Genève. Il dénonce ses dangers patrimoniaux, démocratiques et financiers.

Si le camp du «non» rejoint celui du «oui» sur la nécessité de rénover le bâtiment de 1910, il estime que le projet Jean Nouvel posait problème dès l'appel d'offres. «Il a été attribué à un architecte prestigieux qui n'allait pas faire ce qui était demandé», a indiqué mercredi devant les médias Robert Cramer, président de Patrimoine suisse Genève et conseiller aux Etats écologiste.

Pour les référendaires, ce manque de transparence et de contrôle démocratique se retrouve dans la convention signée entre la Ville de Genève et la Fondation Gandur pour l'art sur le don en argent de l'homme d'affaires Jean Claude Gandur et ses contreparties (prêt de ses collections). La nouvelle version signée mardi ne les rassure pas. «Nous ne savons rien de ses annexes», a relevé Tobias Schnebli.

Le conseiller municipal d'Ensemble à Gauche parle ainsi d'un «partenariat inégal» pour la collectivité. Alors que la convention porte sur 99 ans, «l'exécutif est incapable de dire combien cela va coûter», a souligné sa collègue UDC Cathy Jacquier.

Musée dénaturé

Le risque financier se situe aussi dans l'estimation des travaux, chiffrés à 140 millions de francs. Une rénovation lourde de ce type est plutôt de l'ordre de 200 millions, a avancé l'architecte Daniel Rinaldi.

Malgré les modifications du projet initial de 1998, le remplissage de la cour intérieure dénature le bâtiment pour un gain en surfaces d'exposition - 1200 m2 - dérisoire. Le projet alternatif des opposants, qui comprend une annexion des bâtiments voisins et une construction sous la butte en face du musée, en créerait près de dix fois plus, selon eux.

«En cas de 'non' le 28 février, la rénovation du musée peut être très rapide. C'est une question de volonté politique», a avancé Robert Cramer, prenant exemple sur les Bains des Pâquis. A noter que deux recours de Patrimoine suisse Genève contre l'autorisation de construire et contre la décision de classement du bâtiment rénové sont pendants devant la justice.

(ats)

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