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JusticeGenève reçoit une demande d'entraide dans l'affaire Cahuzac

La justice genevoise a reçu une demande d'entraide judiciaire dans l'affaire Jérôme Cahuzac. Le ministre français du Budget est accusé d'avoir détenu un compte en Suisse.

Jérôme Cahuzac a démissionné mardi soir de son poste de ministre délégué au Budget.

Jérôme Cahuzac a démissionné mardi soir de son poste de ministre délégué au Budget.

Keystone

Le procureur genevois a reçu une demande d’entraide judiciaire de la part des autorités judiciaires françaises dans le cadre de l’affaire de l’ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac, qui a démissionné mardi, a indiqué mercredi un porte-parole de la justice à Genève, confirmant une information de la Tribune de Genève.

«Je peux vous confirmer que le Ministère public genevois a reçu une demande d’entraide de la part des autorités judiciaires françaises dans l’affaire Jérôme Cahuzac», a souligné un porte-parole du pouvoir judiciaire genevois, Sophie Bernard. «La demande est actuellement en examen», a-t-elle ajouté, précisant que le procureur en charge de l’affaire était Yves Bertossa.

La demande reçue, les autorités judiciaires genevoises doivent décider si elles y donnent suite ou pas. Aucun délai pour donner une réponse n’est imposé par la loi.

Compte chez UBS?

L’ex-ministre français du Budget est soupçonné d’avoir détenu un compte en Suisse chez UBS, première banque de la Confédération. Mardi le parquet français a ouvert une information judiciaire pour blanchiment de fraude fiscale sur cette affaire ce qui a conduit à la démission du ministre.

Cette demande d’entraide judiciaire, qui date du 12 mars soit dans le cadre de l’enquête préliminaire dirigée par la police et avant la décision de nommer des juges, a été évoquée mardi par le parquet de Paris. Toutefois les juges qui vont être désignés devraient désormais faire de nouvelles demandes, dans le cadre des investigations plus complexes qui vont être menées.

Complexité des investigations

Le parquet de Paris a justifié mardi la désignation de juges «par la complexité des investigations à diligenter», en particulier «la mise en œuvre complète de l’entraide répressive internationale, en Suisse mais aussi à Singapour». Les juges d’instruction enquêteront notamment sur les faits présumés de blanchiment de fraude fiscale.

Dans son communiqué, le parquet de Paris rappelle que l’assistance fiscale administrative demandée par l’administration fiscale française à son homologue suisse et qui a fait l’objet d’une réponse le 31 janvier dernier «couverte par le secret fiscal» ne constitue «dans le cadre d’une procédure pénale qu’un simple renseignement».

Un banquier de Genève aurait parlé

Selon Le Monde, ce serait un banquier établi à Genève qui aurait fourni les principales pistes dans l'affaire Cahuzac. Il aurait été entendu à Annecy le 13 février par deux enquêteurs de la police judiciaire spécialement venus de Paris.

Qualifié de fin spécialiste de la gestion de fortune privée par le quotidien français, il aurait aiguillé les policiers durant 4 heures sur les différents schémas qui auraient pu permettre au ministre français délégué au budget d'ouvrir un compte non déclaré en Suisse sans que son nom n'apparaisse, puis de le transférer à Singapour. L'homme aurait toutefois reconnu ne pas détenir de preuves sur l'existence du compte.

(AFP)

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