22.09.2019 à 08:26

FédéralesGenève: une course au National très ouverte

A Genève, les élections fédérales sont plombées par diverses affaires. La droite bourgeoise pourrait en payer le prix.

Le PDC se démène pour faire oublier l'affaire Manotel qui touche leur conseiller d'Etat Serge Dal Busco.

Le PDC se démène pour faire oublier l'affaire Manotel qui touche leur conseiller d'Etat Serge Dal Busco.

Photo d'archives, Keystone

A Genève, les affaires impliquant des élus pèsent sur les élections fédérales. Directement concernée, la droite bourgeoise pourrait être pénalisée et la gauche en profiter. La course au National s'annonce ainsi très ouverte.

Pris depuis plus d'une année dans la tourmente de l'affaire Maudet, le PLR défend ses trois sièges au Conseil National avec le sortant Christian Lüscher comme locomotive électorale. Le premier parti du canton, qui avait gagné un siège en 2015, devra en plus se passer de ses deux autres sortants.

Affaire Manotel

En effet, le conseiller national Hugues Hiltpold brigue uniquement le Conseil des Etats, alors que Benoît Genecand arrête pour des raisons de santé. Le siège supplémentaire accordé au canton en raison de l'évolution démographique pourrait toutefois faciliter le maintien du PLR.

Son cousin de l'Entente, le PDC, se démène pour faire oublier les récents développements de l'affaire Manotel qui touche leur conseiller d'Etat Serge Dal Busco. Ces révélations tombent mal, car le parti qui vise un second siège ne peut pas compter sur son sortant Guillaume Barazzone dont la carrière politique a été stoppée net par le scandale des notes de frais de l'exécutif de la Ville de Genève.

Grappillage en vue

L'UDC, qui a deux sièges occupés par Céline Amaudruz et Yves Nidegger, réussit en général à profiter de la force du parti national pour combler son faible socle électoral au niveau cantonal. Mais le recul de l'UDC annoncé dans les sondages pourrait changer la donne et menacer la réélection d'un des deux sortants.

La situation est aussi tendue pour le MCG, dont la liste est apparentée avec l'UDC. Divisé par des querelles internes, le parti a perdu quasiment la moitié de sa députation au Grand Conseil en 2018. L'unique siège du sortant Roger Golay est en danger. D'autant plus que l'ex-homme fort du MCG Eric Stauffer, de retour de son exil en Valais, s'aligne avec une liste apparentée au PBD. Il pourrait ainsi grappiller des voix au MCG.

A gauche, Manuel Tornare et Carlo Sommaruga, deux poids lourds du PS ne se représentent pas. La sortante Laurence Fehlmann Rielle emmènera la liste qui vise le maintien des trois sièges. Les Verts, qui avaient perdu un siège en 2015, veulent le reconquérir avec la sortante Lisa Mazzone en tête de liste. Cet objectif paraît réaliste eu égard à la vague verte amorcée par les grèves du climat.

Retour espéré

Absente du Conseil national depuis 2007, la gauche de la gauche part unie pour décrocher un siège. Ensemble à Gauche présente une liste principale et des listes thématiques sous-apparentées. Un sous-apparentement a aussi été fait avec la liste du Parti du Travail. Cette stratégie qui vise à ratisser large pourrait permettre à l'extrême-gauche de revenir à Berne.

Enfin, au centre, une coalition constituée du PVL, du PEV, du mouvement Planète Bleue de l'ex-député PDC Guy Mettan et de Fédéraction se présente comme une alternative aux partis traditionnels. Ce groupe, dont le PBD a été exclu après s'être rapproché d'Eric Stauffer, pourrait prendre des suffrages à droite comme à gauche. Au total, 28 listes rassemblant 176 candidats ont été déposées pour le National.

La droite à l'assaut

Au Conseil des Etats, le duo rose-vert Liliane Maury Pasquier et Robert Cramer tire sa révérence après trois législatures. La gauche lance les conseillers nationaux sortants Lisa Mazzone (Verts) et Carlo Sommaruga (PS) pour contrer les assauts de la droite qui veut récupérer le fauteuil de sénateur perdu en 2007 au profit des Verts.

L'Entente mise sur un ticket comprenant Béatrice Hirsch (PDC) et Hugues Hiltpold, conseiller national sortant PLR. L'UDC brigue aussi un siège avec la conseillère nationale sortante Céline Amaudruz. Les quinze candidats pour la Chambre des cantons se répartissent sur dix listes.

(ats)

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