Témoignage: Genevois disparu: «Mon frère était coincé sous un arbre, il a été amputé»
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TémoignageGenevois disparu: «Mon frère était coincé sous un arbre, il a été amputé»

Aurèle Donis, 34 ans, a été retrouvé huit jours après sa disparition début juillet, alors qu’il séjournait au Tessin. C’est un habitant de la région qui l’a découvert dans un ravin, incapable de se mouvoir, piégé par un tronc.

par
Evelyne Emeri
Le Genevois ne se souvient pas de sa chute dans la forêt. Les enquêteurs ignorent à ce stade comment il s’est retrouvé là, combien de temps il y est resté, gisant la tête vers le bas, sa jambe droite coincée sous le tronc d’un arbre.
Le Genevois ne se souvient pas de sa chute dans la forêt. Les enquêteurs ignorent à ce stade comment il s’est retrouvé là, combien de temps il y est resté, gisant la tête vers le bas, sa jambe droite coincée sous le tronc d’un arbre.DR

Durant huit jours, la famille d’Aurèle Donis a espéré de toutes ses forces. En vacances au Monti di Motti (1062 m d’altitude), non loin de Locarno, le trentenaire s’est évanoui dans la nature le 3 juillet au matin. Sa mère et l’une de ses sœurs, accompagnée de son fils, l’ont signalé à la police tessinoise afin que cette dernière lance un avis de recherche, puis un second avec d’autres photos. Le 11 juillet enfin, ses proches, qui viennent de prendre la route du retour direction Genève, reçoivent un appel des forces de l’ordre. Ils sont à Bellinzone. Le disparu a certes été retrouvé, mais son état de santé est très préoccupant.

«C’était moins une, nous le savons»

Aurèle est transféré par la Rega à l’Hôpital régional de Lugano – Civico. Il est admis aux soins intensifs où il restera environ un mois. Il souffre d’un pneumothorax et sa jambe droite a été compressée sous le tronc d’un arbre. «C’était moins une, nous le savons. Sa jambe était nécrosée. Les médecins n’ont malheureusement pas pu la sauver. Ils ont dû l’amputer sous le genou», explique sa sœur Diane Morina Donis. «Il a été placé en coma artificiel et dialysé. Normalement, il devrait être transféré encore cette semaine aux HUG, à Genève.»

«C’est grâce à un habitant de Monti di Metri – à moins de 2 km du lieu de villégiature de la famille genevoise – que mon frère a été retrouvé. Les agents ont fait le tour des villages alentours. Là-bas, un homme qui connaît parfaitement la région s’est lancé à sa recherche», confie Diane. «Il l’a découvert dans une forêt en pente. Il a entendu des râles. C’est ce qui l’a conduit jusqu’à Aurèle qui gisait au sol, coincé sous un arbre, la tête en bas. Nous aimerions beaucoup remercier son sauveur.»

Il est en train de se réapproprier son corps.

Diane, une de ses sœurs

Le blessé ne se souvient de rien, excepté de son réveil à l’hôpital après son opération. «Il était pourtant conscient lorsqu’il a été retrouvé dans le ravin, également lorsque nous sommes arrivés à son chevet juste avant qu’il ne parte au bloc», poursuit Diane. «Au début, il a eu beaucoup de peine à comprendre pourquoi on lui avait enlevé sa jambe. Maintenant le moral est meilleur, il parle déjà d’une prothèse. C’est plutôt positif. Nous sommes si contents qu’il soit en vie. Il se remet gentiment de ses blessures. Il est en train de se réapproprier son corps.»

«Nous nous sentons coupables»

À ce stade des investigations rendues difficiles par l’amnésie du disparu, les enquêteurs ignorent comment il s’est retrouvé à cet endroit, dans cette posture, combien de temps il y est resté, à terre, la tête en contrebas du talus, une jambe prisonnière d’un tronc d’arbre. «Nous nous sentons coupables. On aurait pu le chercher davantage, on aurait dû», conclut la sœur d’Aurèle.

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