Cambriolages: Genevoise acquittée grâce à un ticket de pharmacie

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CambriolagesGenevoise acquittée grâce à un ticket de pharmacie

Accusée de cambriolages en Suisse orientale, une femme avait été arrêtée, menottée puis détenue pendant deux jours.

Le Tribunal de district de St-Gall donne raison à la quinquagénaire.

Le Tribunal de district de St-Gall donne raison à la quinquagénaire.

Soupçonnée à tort de cambriolages en Suisse orientale sur la base de traces d'ADN incomplètes, une Genevoise âgée de 55 ans obtient gain de cause devant la justice. Arrêtée au printemps dernier, elle est acquittée et touchera 600 francs de réparation.

Le Tribunal de district de St-Gall donne raison à la quinquagénaire que le Ministère public avait condamnée par ordonnance pénale à une sanction pécuniaire de 180 jours-amende à 30 francs avec sursis, assortie d'une amende de 1000 francs. L'autorité d'enquête l'avait estimée coupable de vol, dommages à la propriété et violations de domicile.

Le Ministère public st-gallois estimait que la Suissesse avait commis - seule ou accompagnée - des cambriolages le 29 juin 2016 dans trois maisons familiales à Arnegg (SG), Gossau (SG) et Engelburg (SG). Il l'accusait d'y avoir dérobé de l'argent liquide, des bijoux, des appareils de photo et d'autres objets pour une valeur totale de 26'700 francs. Le montant des dégâts était évalué à 2650 francs.

Alibis en béton

La citoyenne genevoise avait aussitôt fait recours contre cette ordonnance pénale. Face à la Cour, elle a pu démontrer qu'elle ne se trouvait pas en Suisse orientale le jour des faits reprochés. Parmi d'autres alibis en béton, elle se trouvait alors à Genève. Une quittance de pharmacie en atteste. La quinquagénaire a passé une partie de la journée au chevet de sa mère malade, ainsi qu'avec une amie.

Séjour forcé à Gossau

Pourtant, la police l'arrête au printemps dernier à l'aéroport de Genève, alors que la quinquagénaire s'apprête à embarquer pour le Maroc, afin d'y rendre visite à des proches. La banque de données d'ADN des autorités venait de la confondre. L'ADN relevé sur les lieux des cambriolages était pourtant incomplet.

Face à la Cour, la Genevoise a raconté le choc qu'elle a alors subi. Menottée, elle a été emmenée par la police à l'autre bout de la Suisse. Après un interrogatoire mené à Gossau (SG), elle a été placée en détention préventive durant deux jours avant que l'ordonnance pénale ne soit prononcée.

Procureur «paresseux»?

Devant le juge unique, son avocat a fait valoir avec succès que des traces incomplètes d'ADN pouvaient être attribuées à plusieurs personnes en Europe. Elles ne constituent donc pas une preuve suffisante.

La défense a obtenu l'acquittement de la prévenue ainsi qu'une réparation pour tort moral en raison des deux jours passés injustement par la quinquagénaire en détention préventive. Le juge avait déjà été pris d'un sérieux doute sur sa culpabilité en découvrant le dossier établi par le Ministère public, a-t-il déclaré en prononçant le jugement.

Le procureur s'était contenté des traces incomplètes d'ADN, sans se donner la peine de chercher des indices pouvant innocenter la supposée cambrioleuse, a déploré le juge.

(ats)

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