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Film fantastique à NeuchâtelGeorge R.R. Martin disserte sur ses héros de «Game of Thrones»

Le créateur de la célèbre série télévisée a ravi ses fans au Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF).

George R.R. Martin est venu à la rencontre du public à Neuchâtel.

George R.R. Martin est venu à la rencontre du public à Neuchâtel.

Keystone

George R.R. Martin a donné jeudi après-midi une conférence publique à Neuchâtel. Héros malgré lui, l'écrivain et scénariste américain a répondu à moult questions, abordant ses personnages, l'adaptation cinématographique et divers thèmes.

Ce rendez-vous, annoncé bien avant le début de la 14e édition du Festival international du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF), affichait complet depuis plusieurs semaines. Des centaines de personnes se sont pressées au Théâtre du Passage pour s'assurer une bonne place, près de leur auteur favori.

Et pourtant, rien de plus facile que de rencontrer George R.R. Martin ces temps à Neuchâtel. Ce dernier aime le contact et s'est mêlé au public dès les premiers jours du festival. Il était ainsi possible de rencontrer l'auteur américain lors d'un café, d'un repas ou en train de discuter avec ses fans.

Le personnage ne s'oublie pas de sitôt: imposant, le visage entouré d'une barbe sauvage et la tête coiffée de son éternelle casquette de marin. Lui, par contre ne se rappelle plus les personnes qu'il a croisées: «Mon cerveau est trop occupé par mes personnages de fiction», dit-il.

Sept volumes

«A Song of Ice and Fire» (Le Trône de Fer), premier volume du cycle fantasy, est le plus connu. Depuis, la série de livres en compte cinq (1991-2014) avec plus de mille personnages. Martin travaille actuellement à un sixième volume et un septième est prévu. Pas étonnant dès lors que l'Américain ne se rappelle pas tous les visages.

Les lecteurs de George R.R. Martin doivent faire preuve de patience. L'écrivain du New Jersey peut travailler jusqu'à cinq ans sur un livre. Pourquoi autant? Parce qu'il faut soigner le rapport à la réalité, explique-t-il. Le roman «A Song of Ice and Fire» se déroule dans un univers fictif médiéval.

Avant de se mettre à l'écriture, il mène de longues recherches. «Ce n'est que lorsque j'ai toutes les informations dont j'ai besoin que je commence à écrire», explique le créateur. Pour cette phase, il ne faut pas le déranger. «Le moindre téléphone m'énerve», glisse-t-il.

Humour et bienveillance

Difficile de s'imaginer l'homme en colère, tant il donne l'impression, devant le public de Neuchâtel, d'un bon grand-père. Il montre en effet beaucoup d'humour et de bienveillance dans ses réponses. Interpellé par beaucoup de femmes - ses personnages féminins sont très forts -, serait-il féministe?

Lui se voit plutôt comme un allié des femmes, répond-il au milieu des rires. Plus sérieusement: «Pour moi, la différence entre les figures masculines et féminines est très petite. Il m'importe surtout de créer des individus, pas des hommes ou des femmes», explique-t-il.

Montrer la guerre comme elle est

Dans le livre «A Song of Ice and Fire», des peuples combattent pour le trône et la violence est omniprésente, donnant lieu à quelques critiques. «Lorsque nous montrons la guerre telle qu'elle est, cela implique une violence totale», précise l'auteur américain qui composait déjà enfant des histoires d'horreur.

Ce qui distingue George R.R. Martin des autres écrivains est qu'il fait soudain mourir impitoyablement certains de ses personnages principaux. Lui ne s'intéresse pas aux héros indestructibles: «La dualité et le déchirement intérieur des hommes me fascinent beaucoup plus», dit-il.

Le temps manque pour poser toutes les questions. Au cours de sa prestation, l'auteur fait souvent allusion à son oeuvre et laisse poindre des indices savamment dosés de la suite de «A Song of Ice and Fire» dont il connaît assurément la fin sans même l'avoir encore écrite.

Le NIFFF se déroule jusqu'au 12 juillet, avec plus de 130 projections au menu.

(ats)

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