Actualisé 20.08.2014 à 01:46

Geri Müller: «J'ai honte devant la terre entière»

Scandale des selfies

Le maire de Baden (AG) et conseiller national écologiste Geri Müller a tenu mardi matin une conférence de presse à Zurich. Il y a expliqué sa version des faits et souligné qu'il ne voulait pas démissionner.

Le maire de Baden (AG) et conseiller national écologiste Geri Müller lors de sa conférence de presse mardi matin à Zurich.

Le maire de Baden (AG) et conseiller national écologiste Geri Müller lors de sa conférence de presse mardi matin à Zurich.

Keystone

Le conseiller national des Verts Geri Müller ne démissionne pas après l'affaire des selfies qu'il a pris de lui, nu, dans son bureau de la mairie de Baden (AG). C'était une grosse erreur, a-t-il déclaré mardi à la presse à Zurich. Il a aussi présenté des excuses à son entourage.

Geri Müller a convoqué les médias pour s'expliquer sur l'affaire des selfies et sur sa relation virtuelle avec une femme de 33 ans. «J'ai honte devant la terre entière», a déclaré le politicien face à une cinquantaine de journalistes.

«J'ai honte pour moi, pour ma partenaire, ma ville, que j'aime par-dessus tout», a encore déclaré Geri Müller. «J'ai fait des choses dans lesquelles je ne me reconnais pas, que je considère comme ma faiblesse et que je regrette profondément.»

Geri Müller a aussi déclaré ne pas vouloir démissionner. Il veut d'abord voir si on lui fait encore confiance.

Projet de livre

Tout a commencé par un projet de livre sur les fantasmes érotiques, que la femme voulait écrire, a-t-il déclaré. «Ça n'a jamais été une relation charnelle ou amoureuse».

Puis les choses ont pris une tournure toujours plus bizarre. La jeune femme lui envoyait jusqu'à 30 SMS par jour. C'est pourquoi Geri Müller a voulu mettre fin à cette histoire, a-t-il encore indiqué. La jeune femme a interprété cela comme la fin d'une relation amoureuse et a menacé de rendre publics leurs dialogues sur Internet.

Geri Müller a alors pris un avocat. Il a ensuite porté plainte dans le canton de Berne pour contrainte.

Démission exigée

Les sections locales du PDC, du PLR et de l'UDC de Baden exigent que Geri Müller démissionne de son poste de maire. Il s'est expliqué et excusé, mais des questions restent sans réponse, estiment les trois formations politiques dans un communiqué publié mardi.

Envoyer des photos intimes à une connaissance, qui ne se sent pas harcelée, est une affaire privée, soulignent les trois partis. Mais ce ne l'est plus lorsque les photos sont prises dans la mairie. Geri Müller a blessé la confiance de la population de Baden et il a manqué de respect pour sa fonction.

Confiance

Réunis en assemblée mardi soir à Rheinfelden (AG), les Verts argoviens ont exprimé leur soutien à Geri Müller, après des débats «très ouverts» sur le sujet.

La question de la confiance n'a pas encore été discutée, a indiqué à l'ats Jonas Fricker, président des Verts argoviens. Il n'y a pas eu d'abus d'autorité et il n'y a pas de procédure pénale ouverte contre Geri Müller. Il reste donc des photos moralement répréhensibles, mais ce n'est pas une raison pour demander sa démission.

La coprésidente des Verts suisses Regula Rytz est soulagée que Geri Müller se soit expliqué devant la presse et qu'il a clairement dit qu'il s'agit d'une affaire privée, a-t-elle déclaré à l'ats. Il s'est aussi excusé pour son comportement et ses erreurs. Elle espère que la population accepte ses excuses.

La question de savoir si les Verts soutiennent encore Geri Müller comme conseiller national ne se pose pas, a souligné Regula Rytz. Il a été présenté par la section cantonale argovienne. Lundi, les Verts suisses avaient indiqué dans un communiqué que Geri Müller doit décider de son avenir politique avec les sections cantonale et communale de son parti.

Positions tranchées

Avec ses positions tranchées, Geri Müller ne s'est pas fait que des amis en politique. Pro-palestinien convaincu, l'Argovien a suscité l'ire d'Israël en recevant des représentants du Hamas au Palais fédéral. Partisan de la libéralisation du cannabis, opposé aux restrictions contre les fumeurs, anti-nucléaire acharné, ne dédaignant pas faire des déclarations en faveur de l'Iran ou de la Russie, il est entré au Conseil national en 2003.

Il a connu son zénith sous la Coupole en présidant la commission de politique extérieure en 2008 et 2009. Durant la crise libyenne, alors que deux Suisses étaient retenus en otages, il avait défendu la ligne, pourtant fort critiquée, du président de la Confédération Hans-Rudolf Merz. Ses positions au sein de la commission de gestion n'ont pas toujours non plus été comprises.

Individualiste

Certains politiciens lui reprochent d'être un individualiste qui tente de tirer la couverture politique à lui. En 2012, les Verts n'avaient pas voulu de lui comme président. A l'époque, le politicien affirmait vouloir mettre ses «qualités de meneur» au service de son parti.

Geri Müller a ravi la mairie de Baden au PLR en mars 2013. Cet infirmier en psychiatrie, père de trois enfants, a eu une carrière professionnelle diversifiée, allant de la gestion d'un label musical à l'enseignement professionnel. Il aura 54 ans en octobre.

(ats)

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