Syrie: Ghouta: avant-dernière enclave évacuée

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SyrieGhouta: avant-dernière enclave évacuée

Quelque 500 combattants rebelles et leurs familles ont quitté samedi l'une des dernières enclaves de la Ghouta orientale.

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Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

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Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

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Un premier convoi de bus transportant des combattants rebelles et leurs familles a quitté samedi l'avant-dernière enclave dissidente dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas. Le régime syrien a repris en cinq semaines le contrôle de 90% de l'ancien bastion insurgé, déserté par 107'000 civils.

«Dix-sept bus transportant 981 personnes, y compris des combattants et des membres de leurs familles, ont quitté la ville d'Arbine en direction de la province d'Idlib», a annoncé samedi soir l'agence officielle syrienne Sana.

«Après la fouille des personnes évacuées, celles-ci ont été accompagnées par un soldat russe encagoulé dans chaque bus, tandis que les membres du Croissant-Rouge syrien distribuaient de la nourriture», a constaté un correspondant de l'AFP. L'opération est directement supervisée par les Russes, a-t-il précisé.

Accablés par un déluge de feu et affaiblis par un siège de cinq ans, les groupes rebelles acceptent un à un d'abandonner leurs positions pour se retirer dans la province d'Idlib (nord-ouest), la dernière qui échappe au contrôle du régime.

Près de 2500 morts

Plus de 1600 civils ont été tués depuis le lancement de cette campagne d'une rare violence, le 18 février, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche des rebelles. Elle a aussi dénombré la mort d'au moins 485 soldats du régime et de 310 rebelles.

L'opération, qui concerne quatre localités de la poche sud de l'enclave rebelle - Ain Tarma, Zamalka, Arbine et Jobar - a été retardée de plusieurs heures samedi, notamment pour pouvoir ouvrir un passage parmi «les mines disséminées par les terroristes sur la route menant à la ville d'Arbine», selon l'agence de presse syrienne Sana.

Cette nouvelle vague d'évacuation, qui devrait se poursuivre dimanche et concerner au total 7000 personnes, s'inscrit dans le cadre d'un accord conclu entre le groupe islamiste Faylaq al-Rahmane et la Russie, alliée du régime du président syrien Bachar el-Assad. Cet accord prévoit, parmi d'autres conditions préalables à l'évacuation, la libération d'otages détenus par les rebelles et l'abandon d'une partie de leur équipement par les combattants.

Une seule poche

Cette nouvelle vague de départs vers Idlib survient après le transfert ces deux derniers jours vers cette même zone de plus de 4000 personnes dont 1400 combattants du groupe salafiste Ahrar al-Cham.

Après cette évacuation, les rebelles ne seront plus présents que dans une seule poche, autour de la grande ville de Douma, tenue par le groupe islamiste Jaich al-Islam. Des négociations sont en cours.

Parallèlement aux deux accords d'évacuation, le mouvement de déplacement d'habitants de l'enclave vers des zones tenues par le régime, via des couloirs mis en place par les autorités syriennes, se poursuivait samedi pour le dixième jour consécutif, d'après Sana, qui a annoncé la sortie de 1700 personnes.

Cela porte à 107'000 le nombre de civils ayant déserté les zones rebelles de la Ghouta pour rejoindre les régions tenues par le régime, selon la télévision syrienne. La région comptait environ 400'000 habitants avant le début de l'offensive.

Afrine sous contrôle turc

Plus au nord, l'armée turque et ses supplétifs syriens ont annoncé la reprise totale de la région d'Afrine, a confirmé samedi un responsable militaire turc. Les forces d'Ankara s'étaient emparées le week-end dernier de la ville d'Afrine après huit semaines de combats contre les miliciens kurdes YPG (unités de protection du peuple), que la Turquie considère comme un groupe terroriste.

Selon le responsable militaire turc, les combattants kurdes ont été chassés dans la nuit de vendredi à samedi des derniers villages de l'enclave où ils étaient présents. «Nous avons parachevé la prise de contrôle de la région d'Afrine et les opérations de nettoyage se poursuivent pour que les gens puissent rentrer chez eux en toute sécurité», a déclaré ce responsable à l'agence de presse Reuters.

Le Croissant-Rouge turc a commencé à distribuer de l'aide à la population de l'enclave, notamment des repas chauds.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois défendu le bien-fondé de l'intervention turque à Afrine lors d'un téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron, qui l'a pressé de ne pas poursuivre ses opérations militaires dans le nord de la Syrie.

(AFP)

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