Football - Giorgio Contini, grand vainqueur des derbies
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FootballGiorgio Contini, grand vainqueur des derbies

Le futur ex-entraîneur lausannois a pris le dessus à trois reprises sur Alain Geiger et Servette cette saison.

par
Valentin Schnorhk
(Genève)
Entre Giorgio Contini et Alain Geiger, c’est le premier qui a pris le dessus. Une dernière fois mercredi, avec un net succès 4-1.

Entre Giorgio Contini et Alain Geiger, c’est le premier qui a pris le dessus. Une dernière fois mercredi, avec un net succès 4-1.

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Le livre des derbies lémaniques peut se refermer. Du moins, celui de cette saison. Ils reviendront l’année prochaine, et on s’en réjouit, au vu de l’ambition démontrée de part et d’autre tout au long de l’exercice. Les deux équipes se battront jusqu’à la dernière journée pour monter sur le podium, et c’est quand même le signe que l’on travaille bien sur les rives du Lac. On ne va pas s’en priver, et le préambule vaut la peine d’être énoncé, pour rappeler que toute critique est relative et intervient dans ce contexte.

À lire ici, toutes les réactions après la rencontre.

Mais pour en revenir à cette histoire des derbies, il y a d’abord ce fait: cette saison, Servette aura battu huit équipes sur neuf. Lausanne restera donc la seule à lui avoir toujours résisté. Le constat peut avoir valeur d’anecdote. Ce n’est pas tout à fait le cas, lorsqu’on relève aussi que le LS l’aura emporté trois fois sur quatre. Et trois fois sur quatre, Giorgio Contini aura pris le meilleur sur Alain Geiger. Il faut le noter. Car ces succès portent vraiment la signature du futur ex-entraîneur lausannois.

Risque récompensé

Il convient d’oublier le premier match à la Praille, fin janvier. 1-1 au final, avec un penalty manqué à la dernière minute par Stjepan Kukuruzovic, qui aurait donné une victoire pas forcément méritée à des Lausannois jouant une demi-heure à dix. C’est bien le seul duel de la saison lors duquel Servette avait été supérieur dans le jeu. Pour ce qui est des trois autres (2-1 pour le LS en ouverture de la saison à la Pontaise, 3-1 en février à la Tuilière et 4-1 ce mercredi à la Praille), on se risquerait presque à parler de leçon. Du moins sur le plan tactique.

À lire ici, notre compte rendu de la rencontre.

À chaque fois, il y a eu cette agressivité axiale, avec un bloc vaudois qui ne se gênait pas à aller chercher haut les Servettiens, avec un marquage presque individuel sur les défenseurs centraux. Presser pour empêcher Servette de développer son jeu. L’approche n’a rien de révolutionnaire, ni de particulièrement géniale, mais le risque est récompensé. «C’est une équipe qui techniquement nous est au-dessus, détaillait Contini mercredi. Mais nous avons vu qu’en étant courageux, on peut les mettre en difficulté, même si on sait qu’ils ont toujours la qualité de s’en sortir.» Ou quand l’audace paye.

Sans Contini, une chance pour le SFC?

«On s’est à chaque fois retrouvé avec les mêmes problèmes face à eux», convenait Alain Geiger. Cela pose question. Pourquoi les Grenat n’ont jamais trouvé la parade face à des Lausannois qui reproduisaient presque à chaque fois les mêmes principes? Servette est-il trop prévisible? «Pour moi, on ne peut pas dire ça, considère Anthony Sauthier. Gerardo Seoane l’a dit une fois: nous avons plusieurs facettes, nous savons attaquer de plusieurs manières différentes.» C’est vrai. Les rencontres contre Young Boys ont démontré aussi cette habileté à développer du jeu rapide en transition.

Mais les Grenat ont ça d’attendu qu’ils font le pari de prendre la balle dès qu’on leur en laisse la possibilité. Sans forcément pouvoir répondre au pressing adverse. La mise en difficulté récurrente trahit une certaine improvisation. Là où Lucerne n’avait par exemple aucune peine à s’adapter aux différents comportements défensifs genevois dimanche dernier, parvenant le plus souvent à ressortir le ballon.

C’est une donnée du football moderne: il y a celui qui presse et celui qui doit savoir comment s’adapter pour l’éliminer. Le football suisse n’a malheureusement pas souvent proposé des configurations de ce genre cette saison. Les Servette-Lausanne ont donné l’occasion d’en voir. Pour ça, il faut aussi savoir s’en réjouir. Et que le vainqueur fut à trois reprises l’entraîneur le plus moderne des deux n’est peut-être pas tout à fait un hasard. Contini, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne sera plus là l’an prochain pour reproduire l’affrontement. Qui que soit son successeur, cela donnera peut-être une autre chance à Servette.

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