Actualisé 22.04.2013 à 17:13

Giorgio Napolitano s'en prend à toute la classe politique

Italie

Giorgio Napolitano a prêté serment pour son second mandat lundi après-midi devant le Parlement italien en assénant un discours critique à l'assemblée sur la situation politique du pays.

Giorgio Napolitano a été réélu samedi.

Giorgio Napolitano a été réélu samedi.

Keystone

Le président italien Giorgio Napolitano a vertement tancé lundi les forces politiques qui ont du faire appel à lui pour revenir à la tête de l'Etat, après avoir échoué à former un gouvernement.

«Il faut procéder sans tarder à la formation de l'exécutif», a-t-il dit dans son discours d'investiture, visiblement ému par ce bis historique à la tête de l'Etat italien et interrompu à plusieurs reprises par des applaudissements, malgré un discours sans concession.

«Sur la base des résultats électoraux, dont on ne peut pas ne pas prendre acte, qu'ils plaisent ou non, il n'y a pas de parti ou coalition» qui puisse gouvernener «avec seulement ses propres forces», a rappelé impitoyablement Giorgio Napolitano.

«Il n'est pas possible de faire l'impasse sur les résultats des élections. Ceux-ci indiquent précisément la nécessité d'une entente entre les diverses forces pour faire naître et vivre un gouvernement en Italie», a-t-il ajouté.

La gauche italienne qui a remporté la majorité des sièges à la chambre des députés mais pas au Sénat s'est systématiquement opposée à une entente avec la droite de Silvio Berlusconi pour former un gouvernement, soutenant que sa base électorale y est opposée.

Giorgio Napolitano n'a pas ménagé ses critiques à tous les partis, y compris à la gauche dont il est issu, étant un ancien communiste.

Critiques

«Ces dernières années il n'y a pas eu de solutions satisfaisantes aux exigences fondées et demandes pressantes de réformes des institutions et de renouvellement de la politique et des partis», a-t-il dit.

«La réforme manquée de la loi électorale est impardonnable», a asséné le vieux président, 87 ans et «il n'est pas moins impardonnable de n'avoir rien fait en matière de réformes constitutionnelles pourtant limitées et ciblées».

«Je pourrais ajouter beaucoup d'exemples mais je m'arrête là car sur ces sujets concrets j'ai investi beaucoup d'efforts de persuasion qui ont été rendus vains par la surdité des forces politiques qui me demandent maintenant d'assumer un second mandat pour faire sortir les institutions d'une impasse fatale», a poursuivi Giorgio Napolitano.

«Mais j'ai le devoir d'être franc: si je me trouve de nouveau face à une surdité comme celle du passé, je n'hésiterai pas à en tirer les conséquences», a-t-il dit, faisant allusion à une éventuelle démission.

Formation d'un gouvernement

Après son discours d'investiture, Giorgio Napolitano a déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu puis a regagné le Quirinal, le siège de la présidence de la République.

Selon les médias, il devrait entamer dès mardi les consultations pour la formation du nouveau gouvernement qui devrait être composé essentiellement de membres du Parti démocrate (PD) de gauche, du Peuple de la liberté (PDL, droite) de Silvio Berlusconi et de quelques technocrates

(AFP)

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