Actualisé 06.06.2018 à 06:25

ItalieGiuseppe Conte obtient la confiance du Sénat

Le nouveau président du Conseil italien a obtenu mardi la confiance du Sénat sur sa politique «populiste».

Le nouveau chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a obtenu mardi soir la confiance du Sénat. Devant la chambre haute, il a défendu la politique «populiste» qu'il entend désormais mener: lutte contre le «business» de l'immigration, relance de la croissance et ouverture avec la Russie.

Le gouvernement a obtenu 171 voix «pour», 117 «contre» et 25 abstentions, a annoncé la présidente du Sénat Elisabetta Alberti Casellati. M. Conte devra obtenir mercredi soir la confiance des députés de la chambre basse.

«Si populisme signifie être capable d'écouter les besoins des personnes, alors nous le revendiquons», a affirmé M. Conte, qui a pris la tête vendredi du premier gouvernement populiste dans un pays fondateur de l'Union européenne.

Novice

Novice en politique, inconnu des Italiens il y a encore deux semaines, cet avocat de 53 ans a affronté avec conviction l'hémicycle du Sénat, où il était venu présenter son premier discours de politique générale avant de demander la confiance du parlement.

Flanqué de ses deux puissants vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), et Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), M. Conte a d'emblée annoncé qu'il serait le «garant» du «contrat de gouvernement» signé entre ces deux «actionnaires majoritaires» de la coalition.

Nombre d'observateurs en Italie s'interrogent en effet sur son autonomie. «Je suis conscient de la responsabilité que j'ai assumée, et bien conscient des prérogatives que la Constitution attribue au président du Conseil», a-il cependant assuré.

M. Conte a sans surprise confirmé les objectifs contenus dans le «contrat» de son gouvernement: réduction de la fiscalité, lutte contre l'immigration clandestine, revenu de citoyenneté (revenu d'insertion pour les plus pauvres) et renégociation de certaines règles européennes.

Seule face à la crise migratoire

A commencer par celles concernant le droit d'asile prévues dans l'accord de Dublin, qui fait peser l'essentiel de la charge de l'accueil des migrants aux pays en première ligne. L'Italie a été laissée seule face à la crise migratoire, a-il ainsi déploré, réclamant un système «automatique» et «obligatoire» de répartition des demandeurs d'asile.

Très attendu sur les dossiers européens, M. Conte a affirmé que la dette colossale de l'Italie devait être réduite par des politiques favorisant la croissance et l'emploi, et non par des mesures d'austérité. Il n'a en revanche pas donné de détail sur le financement des mesures prévues dans le «contrat de gouvernement», qui pourraient représenter plusieurs dizaines de milliards.

Et s'il a confirmé la volonté de son gouvernement d'instaurer une «flat tax», un impôt sur le revenu à 15% et 20%, il n'a donné aucune date. Idem pour le revenu de citoyenneté.

Majorité confortable

Sur le plan diplomatique, M. Conte a réaffirmé son attachement à l'Europe et revendiqué l'appartenance de l'Italie à l'Alliance atlantique. Il a également confirmé l'«ouverture» envers la Russie, que les deux forces politiques de la majorité ont toujours défendue.

Le nouveau chef du gouvernement italien doit se rendre par ailleurs au Canada, où il est attendu en fin de semaine, pour participer à son premier G7 et rencontrer ses collègues occidentaux.

Dans un discours mordant et ironique, Matteo Renzi, ancien chef du gouvernement et homme fort du Parti démocrate (PD centre gauche), a annoncé une opposition intransigeante mais respectueuse des institutions. «Si vous tenez votre promesse d'instaurer la 'flat tax', alors elle coûtera 60 milliards d'euros. Si on fait semblant, alors il n'y a pas de problème», a-t-il lancé.

Le débat se poursuivra mercredi à la Chambre des députés, qui votera dans la soirée la confiance au gouvernement. La situation dans la chambre basse est confortable pour la coalition M5S-Ligue, qui dispose d'une majorité de 30 sièges.

Marine Le Pen reçue à l'ambassade d'Italie pour sa fête nationale

Marine Le Pen, alliée du nouveau ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite), a affirmé mardi avoir été reçue lundi soir à l'ambassade d'Italie en France, qui organisait une réception pour sa fête nationale.

(ats)

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