08.04.2020 à 12:32

Givaudan résiste à la crise, sauf pour la parfumerie fine

Genève

La forte demande en produits de première nécessité a dopé les ventes d'une partie des activités du groupe genevois.

Keystone

Givaudan a franchi sans heurts les premiers obstacles que la pandémie de coronavirus a posés sur son chemin. La forte demande en produits de première nécessité a dopé les ventes de l'unité Arômes et celles de la parfumerie fonctionnelle, qui a soutenu le second pilier des activités du groupe genevois. La parfumerie fine s'expose à une année 2020 très compliquée.

Entre janvier et mars, le chiffre d'affaires a atteint 1,62 milliard de francs, affichant une croissance organique de 5,4% sur un an, indique mercredi Givaudan. Cette progression dépasse les prévisions les plus optimistes des analystes du consensus AWP, qui la plafonnaient à 4,8%.

La contribution de la division Parfums a progressé de 6,3% à 745 millions, tandis que celle de la division Arômes a enflé de 4,6% à 845 millions. Tous ces indicateurs ont comblé les attentes.

À plein régime

La multinationale verniolane se félicite d'être parvenue à protéger ses activités et sa chaîne d'approvisionnement à l'échelle mondiale des premières conséquences de la pandémie de Covid-19. «La très grande majorité de nos sites fonctionne à plein régime», a indiqué mercredi à AWP le directeur général de Givaudan Gilles Andrier.

La croissance a été soutenue par les mesures de confinement. «La tendance est plutôt à l'achat d'aliments emballés, des snacks, des choses faciles à consommer à la maison. Et puis, il y a tous les produits nettoyants, tous les savons. Chez nos clients, la demande est renforcée», affirme Gilles Andrier.

Objectifs confirmés

Les commandes en provenance des industries agroalimentaire et des produits d'hygiène ne faiblissent pas, au contraire, selon le patron de Givaudan. «Cela a un effet positif sur les ventes dans les arômes et la parfumerie, à l'exception de la parfumerie fine.»

Selon Gilles Andrier, l'année s'annonce compliquée pour cette dernière activité. La quasi-paralysie du trafic aérien cause la fermeture des boutiques hors taxes, qui représentent 20% à 30% des ventes de parfums. À cela, il faut ajouter l'absence des clients chinois, qui contribuent très largement au chiffre d'affaires du secteur. La faiblesse de la parfumerie fine est soulignée par les analystes, qui louent cependant la résilience du modèle d'affaires de Givaudan.

Le groupe verniolan a réalisé au premier trimestre une croissance de 1,9% des ventes dans la parfumerie fine, grâce notamment à un effet de rattrapage. En fin d'année dernière, la performance avait été plombée par un report de commande d'un important client américain, finalement comptabilisée au premier partiel 2020.

Givaudan a reconduit ses ambitions à moyen terme, soit une croissance de 4 à 5% et un flux de trésorerie disponible correspondant à entre 12 et 17% du chiffre d'affaires. La politique en matière de dividende demeure également valable.

À 11h39, le titre Givaudan perdait 2,0% à 3076 francs, dans un SMI en recul de 1,40%.

(ats)

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