Interview - Gjon’s tears à l’Eurovision: «Je suis mon plus grand ennemi»
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InterviewGjon’s tears à l’Eurovision: «Je suis mon plus grand ennemi»

Ce jeudi soir, le Fribourgeois de 22 ans va tenter de qualifier la Suisse pour la finale avec son titre «Tout l’univers». Il se confie avant de monter sur la scène de la Ahoy Arena à Rotterdam

par
Fabio Dell'Anna
Gjon’s tears lors de la soirée d’ouverture de l’Eurovision à Rotterdam, le 16 mai dernier.

Gjon’s tears lors de la soirée d’ouverture de l’Eurovision à Rotterdam, le 16 mai dernier.

Vyacheslav Prokofyev/TASS

Nous y sommes. Après une édition annulée de l’Eurovision et plus d’un an de travail, Gjon’s tears va enfin monter sur la scène de la Ahoy Arena à Rotterdam, ce jeudi 20 mai. Le Fribourgeois de 22 ans – de son vrai nom Gjon Muharremaj – va chanter le titre «Tout l’univers» dans l’espoir de décrocher son sésame pour la finale samedi. Excité de voir son projet prendre forme, il hâte que le public le découvre également. Le candidat suisse a déjà épaté avec sa grande tessiture vocale à plusieurs reprises et il s’apprête à conquérir l’Europe avec un show hors du commun. Nous lui avons passé un coup de fil avant son passage à voir sur RTS2 dès 21 h.

À quelques heures de votre demi-finale, comment vous sentez-vous?

Je suis très heureux et impatient. J’ai hâte d’enfin pouvoir chanter ma chanson sur scène et de voir mon projet éclore.

Votre titre «Tout l’univers» fait toujours partie des favoris des bookmakers.

Cela me fait plaisir et ça me rend fier, évidemment. Je fais de la musique pour toucher les autres. Après, c’est vrai que j’essaie de garder les pieds sur Terre et je continue de me concentrer sur le travail.

«L’ambiance ici? Très bien. Enfin… On doit rester à la maison, on n’a pas vraiment le droit de sortir ni de voir les autres candidats.»

Gjon’s tears

Comment est l’ambiance à Rotterdam?

Très bien. Enfin très bien… On se comprend. (Rires.) On doit rester à la maison, on n’a pas vraiment le droit de sortir ni de voir les autres candidats. C’est quand même un peu compliqué comme situation et on se fait tester toutes les 48 heures. On peut aussi avoir accès à des autotests toutes les 24 heures. Autant vous dire que je n’ai plus de nez. (Rires.)

Comment occupez-vous votre temps libre?

Avec des films, des messages et en me reposant, surtout. Cela me prend beaucoup d’énergie quand même. Le plus important c’est de rester un maximum tranquille pour être prêt le jour J.
Vous avez surpris beaucoup de monde aux répétitions en incorporant de la danse dans votre performance. C’était une évidence pour vous?

Je ne sais pas si je danse ou si j’aime danser. Mais j’aime intégrer le mouvement dans mes prestations. Je n’ai jamais osé sauter le pas car j’ai toujours dit que je n’avais pas le corps pour. Lorsque j’ai rencontré Sacha Jean-Baptiste (ndlr.: la chorégraphe de sa prestation), elle m’a dit: «C’est n’importe quoi. Il n’y a pas de corps pour danser, tu peux très bien le faire.» Je me suis dit: «Pourquoi pas?» Les personnes autour de moi étaient tellement émues lors de cet essai qu’ils m’ont demandé de l’intégrer dans le show. J’avais aussi envie de tenter autre chose. Je ne voulais pas être seulement derrière mon piano. J’avais envie de me lancer un défi.

Qu’est-ce qui vous stresse le plus pour le show? Votre prestation vocale ou scénique?

C’est moi-même qui me stresse le plus. Je suis mon plus grand ennemi. Je pourrais complètement avoir un moment de doute et me laisser emporter ou me perdre dans ma chanson. Parfois, je suis tellement concentré que je commence à chanter en anglais! (Rires.) Cela n’a aucun sens. Le plus important est de me focaliser sur ma prestation et de bien me concentrer avant de monter sur scène. Peut-être que j’ai aussi un peu peur de tomber car la structure sur laquelle je suis n’est pas très stable.

Que peut-on vous souhaiter pour cette demi-finale?

Juste de m’éclater et d’aller en finale! Et surtout de réussir une performance de qualité.

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