Actualisé 09.10.2015 à 20:56

Hockey sur glaceGlen Hanlon n'est plus l'entraîneur de la Suisse

La Fédération et le Canadien ont résilié le contrat en cours d'un commun accord. Felix Hollenstein assurera l’intérim.

Keystone

Glen Hanlon n'aura guidé l'équipe de Suisse que durant une saison. La Fédération et le Canadien ont résilié le contrat qui les liait jusqu'en 2016 avec effet immédiat et l'intérim sera assuré par Felix Hollenstein lors de la prochaine Deutschland Cup.

La nouvelle a surpris tout le monde. A 16h27, un mail de la Fédération a annoncé que Glen Hanlon n'était plus le sélectionneur de l'équipe de Suisse. Moins d'une heure plus tôt, le Canadien et la Fédération avaient apposé leur signature au bas de leur contrat de divorce. Hanlon, engagé pour succéder à Sean Simpson l'été passé, avait un bail jusqu'en 2016. Les rênes de l'équipe sont remis ad interim à Felix Hollenstein, figure tutélaire des Kloten Flyers, qui sera derrière le banc lors de la Deutschland Cup, agendée du 6 au 8 novembre à Augsbourg.

Raisons familiales

Glen Hanlon évoque des raisons familiales pour expliquer cette séparation. Lorsqu'il est revenu en Suisse au sortir de l'été, le Canadien était seul. Sa femme et son fils n'ont pas traversé l'Atlantique avec lui. Mais le Canadien et les dirigeants helvétiques n'étaient pas forcément d'accord de la direction à prendre pour le futur. «En tant que père de famille, j'ai malheureusement été contraint de constater que l'éloignement de ma famille était devenu trop lourd à assumer. En outre, compte tenu des divergences d'opinions avec la Fédération, la rupture de contrat était finalement la seule solution», a expliqué Hanlon dans un communiqué.

«Lorsque des deux côtés on n'est plus à 100%, il vaut mieux regarder la vérité en face et se séparer», juge le CEO de la Fédération, Florian Kohler. Responsable des équipes nationales, Raeto Raffainer n'est pas surpris dans la mesure où l'idée de la séparation est venue de Glen Hanlon: «J'ai senti déjà au printemps qu'il n'était pas complètement heureux. Nous n'allions pas le retenir.» Hanlon avait pris la succession de Sean Simpson en mai 2014 et mené la Suisse en quarts de finale lors des derniers Championnats du monde à Prague.

Son arrivée avait fuité lors des Mondiaux de Minsk et la mission du Canadien était plutôt compliquée, puisqu'il devait confirmer le nouveau statut de l'équipe de Suisse après la fabuleuse médaille d'argent obtenue en Suède un an plus tôt. Mais plusieurs voix se sont élevées en République tchèque pour dénoncer le style de jeu peu enthousiasmant de la sélection nationale. Une sélection souvent désorientée et sans un concept directeur affirmé. Avec seulement deux succès en sept parties, la Suisse avait eu de la chance pour se sortir du tour préliminaire et avoir le droit de défier les Etats-Unis en quarts de finale (défaite 3-1).

Le rêve del Curto

Qualifiée pour les Jeux de Pyeongchang en 2018 et avec la perspective du Championnat du monde 2020 à domicile (Zurich et Lausanne), la Suisse souhaite compter sur un entraîneur qui correspond au projet. Si Felix Hollenstein est aujourd'hui derrière le banc, rien ne dit qu'il en sera toujours ainsi au mois de mai prochain à Moscou à l'occasion des Mondiaux. «Nous n'avons pas de deadline», précise Florian Kohler. Joueur expérimenté, Hollenstein était coach assistant des Kloten Flyers de 2005 à 2012, puis coach principal des Flyers jusqu'en décembre dernier. Hollenstein dirigera l'équipe nationale pour la première fois à l'occasion de la Deutschland Cup.

«Je peux tout à fait m'imaginer travailler sur le long terme avec «Fige», lance Raeto Raffainer. Peu importe sa fonction.» Le Grison se positionne clairement en nouvel homme fort de la Fédération. C'est lui qui avait entamé les discussions avec Hollenstein au sujet d'une éventuelle arrivée de la légende de Kloten dans le staff d'entraîneurs. En filigrane de cette décision, il faut y voir la volonté de la Fédération de remettre un peu de «suissitude» après une longue période de gouvernance canadienne (Krueger, Simpson et Hanlon) qui aura duré dix-huit ans.

Naturellement, au moment où il s'agit d'évoquer un sélectionneur charismatique, le nom d'Arno del Curto réapparaît. Le mage davosien a prolongé son contrat d'un an dans les Grisons cet été. Théoriquement,il pourrait donc être libre au printemps prochain. En 2010, del Curto était le candidat rêvé de la Fédération mais la perspective d'un double mandat (club et équipe nationale) avait refroidi les ardeurs de la Fédération. Cinq ans plus tard, Raffainer n'exclut pas cette possibilité d'une manière aussi catégorique.

(si)

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