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Matières premièresGlencore relève le prix de l'offre pour la fusion avec Xstrata

Destinées à entériner le mariage des géants des matières premières, les assemblées générales de Glencore et de Xstrata ont été reportées, suite à un relèvement des termes de l'offre pour la fusion.

Le siège de Glencore dans le canton de Zoug.

Le siège de Glencore dans le canton de Zoug.

AFP

Le géant zougois des matières premières Glencore a créé la surprise vendredi en proposant de relever le prix de l'offre pour la fusion avec son homologue Xstrata. Les deux groupes ont été ainsi contraints de reporter leurs assemblées générales respectives.

Alors que les deux assemblées générales de Glencore et de Xstrata devant entériner le mariage entre les deux géants semblaient vouées à l'échec, Glencore a proposé à la dernière minute un relèvement des termes de l'offre sur lequel butait jusqu'à présent l'opération.

Le groupe de Baar, dirigé par le Sud-Africain Ivan Glasenberg, a proposé à son homologue "un relèvement du ratio (d'échange) de la fusion à 3,05 actions Glencore pour une action Xstrata" contre 2,8 auparavant, a indiqué Xstrata dans un communiqué.

Glencore a par ailleurs proposé que M. Glasenberg "devienne le directeur général du groupe fusionné". Le projet de fusion initial, annoncé en février, prévoyait que le directeur général de Xstrata, Mick Davis, devienne le patron de la nouvelle entité, tandis que M. Glasenberg devait être nommé directeur général adjoint.

Xstrata a précisé que cette proposition n'est "pas une offre ferme" et qu'elle reste soumise à l'approbation de son conseil d'administration.

Opération compromise

Glencore avait créé une première surprise dans la matinée, en reportant son assemblée générale, déjà repoussée une première fois en juillet. La nouvelle offre de Glencore n'a alors laissé d'autre choix à Xstrata que de reporter à son tour l'assemblée générale, afin que les actionnaires prennent connaissance des nouveaux termes de l'offre.

La fusion entre les deux géants zougois des matières premières Glencore et Xstrata semblait fortement compromise, de l'aveu des analystes, face au blocage sur le relèvement du prix de l'opération réclamé par certains actionnaires.

Le fonds souverain du Qatar, Qatar Holding, qui détient plus de 12% dans Xstrata, réclamait ainsi depuis juin un relèvement de plus de 16% du ratio d'échange de l'opération, à 3,25 actions. Qatar Holding, suivi par d'autres actionnaires, avait fait monter la pression la semaine dernière, en annonçant qu'il voterait contre la fusion si Glencore refusait de relever le prix de l'opération.

Mariage de géants

Le groupe de Baar a finalement plié face aux enjeux de ce mariage de géants, destiné à donner naissance à un mastodonte du secteur des matières premières pesant environ 69,8 milliards d'euros (84,1 milliards de francs) en Bourse, au cours actuel des deux titres. Glencore avait lancé cette offre de reprise en février, moins d'un an après son introduction en Bourse.

Ivan Glasenberg avait même préparé le terrain face à un éventuel échec de l'opération, indiquant à Dow Jones Newswires lors de la publication des résultats semestriels le 21 août que la fusion n'était "pas une obligation".

Les assemblées générales de Xstrata et de Glencore avaient déjà été repoussées une première fois début juillet, en raison de la demande d'un relèvement de l'offre par Qatar Holding et de la grogne suscitée par les primes destinées aux 73 responsables clé de Xstrata dont le directeur général Mick Davis.

Glencore a par ailleurs annoncé qu'il avait demandé la suspension temporaire de sa cotation à Londres et Hong Kong. A la Bourse de Londres, l'action Xstrata s'envolait après cette annonce de 7,30% à 1050,50 pence, tandis que Glencore perdait 4,17% à 376 pence, dans un marché en progression de 0,23% vers 13h00.

(ats)

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