Remise de prix: Golden Globes: le plan «Emily» a échoué mais Netflix gagne quand même
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Remise de prixGolden Globes: le plan «Emily» a échoué mais Netflix gagne quand même

Les aventures de Charles et Diana pour «The Crown» ont raflé la mise malgré la polémique autour de la promo douteuse organisée pour «Emily in Paris». Ce qu’il faut retenir.

par
Jean-Charles Canet
Le prince Charles (Josh O’Connor) et Lady Diana (Emma Corrin) dans la saison 4 de «The Crown» sur Netflix.

Le prince Charles (Josh O’Connor) et Lady Diana (Emma Corrin) dans la saison 4 de «The Crown» sur Netflix.

La cérémonie des Golden Globes Awards, qui met en lumière les productions cinématographiques et de séries aux États-Unis, s’est tenue dans la nuit de dimanche à lundi. Les statuettes ont été distribuées sur fond d’inévitables polémiques, notamment celle qui a vu la Hollywood Foreign Press Association (HFPA), organisatrice de l’événement, ainsi que Netflix être épinglés pour avoir organisé un dispendieux voyage de presse à Paris pour promouvoir la série «Emily in Paris». Et, bien évidemment, la remise des prix s’est déroulée comme si de rien n’était.

Lily Collins dans «Emily in Paris» 

Lily Collins dans «Emily in Paris»

Netflix

On retient néanmoins de l’événement que le plan de valorisation indécent de la série rose bonbon dans une capitale qui fait passer tous les films hollywoodiens des années 50 et 60 pour des documentaires austères a lamentablement échoué: «Emily in Paris» n’est pas la meilleure série TV dans la catégorie «Comédie musicale/Comédie» et Lily Collins (Emily) n’est pas intronisée meilleure actrice dans la même boîte. C’est la série canadienne «Bienvenue à Schitt’s Creek», totalement inconnue au bataillon, qui a été préférée dans les deux cas. L’histoire a donc une morale, biaisée, qui pourrait être la suivante: les tentatives d’influence ne peuvent être couronnées de succès que si elles ne sont pas repérées.

Charles et Diana sous la couronne

Netflix ne s’en est pas moins octroyé la part du lion en remportant, assez justement à notre sens, les prix parmi les plus prestigieux. Les aventures de Charles et Diana, au cœur de la saison 4 de «The Crown» raflent la mise en empochant le «GéGé d’or» de la meilleure série, du meilleur acteur (Josh O’Connor, le prince Charles), de la meilleure actrice (Emma Corrin, Diana) et de la meilleure actrice de second rôle (Gillian Anderson en Mme Thatcher). Un nouveau triomphe pour une série qui inspire le respect pour sa «production value», sa mise en scène au classicisme tout britannique et une direction d’acteurs totalement irréprochable.

Le jeu de la dame a payé

Netflix encore se voit récompensé pour sa mini-série (sept épisodes) «Le jeu de la dame» qui narre le parcours d’Elisabeth Harmon, orpheline et prodige aux échecs dans un milieu à majorité masculine. Meilleure mini-série, et meilleure interprétation attribuée à Anya Taylor-Joy (rôle-titre), deux récompenses amplement méritées, alors que, pour nous, réticent au départ, rien n’était gagné.

Hommage à Chadwick

On relève également le titre attribué au regretté Chadwick Boseman – pour son interprétation dans «Le blues de Ma Rainey» un long-métrage, Netflix toujours – sans pouvoir nous déterminer si ce prix est plus un hommage, l’acteur de «Black Panther» étant décédé prématurément, qu’une véritable consécration. C‘est toujours le cas dans ce genre de circonstances.

Le Lion rugit deux fois

Le rouleau compresseur Netflix nous a presque fait oublier que deux des prix les plus prestigieux des Golden Globes – meilleur film dramatique et meilleur réalisateur (réalisatrice en l’occurrence) – ont été accordés à l’actuel lauréat du Lion d’or à la Mostra de Venise, soit «Nomadland» de Chloé Zhao. Un film qui est complètement passé sous notre radar, et pour cause, toujours en attente d’une éventuelle sortie au cinéma dans nos contrées. Possiblement le 21 avril.

L’énigme Borat

Pour revenir à ce qui est visible sur les plateformes de streaming, les prix attribués à «Borat 2» – meilleur long-métrage musical ou de comédie et meilleur acteur à Sacha Baron Cohen – nous ont en revanche laissés perplexe. Comment un film (rapatrié sur Amazon Prime pour cause de pandémie) aussi généralement considéré inférieur à l’original a-t-il pu être préféré à ses rivaux? À défaut de grives, on mange du merle, sans doute.

Une âme bien perçue

On reconnaîtra plutôt de la clairvoyance aux «GéGés» pour avoir su distinguer «Soul» dans la catégorie meilleur long métrage d’animation. Ce conte existentiel des studios Pixar sur fond de jazz et d’au-delà, privé de salles lui aussi et donc diffusé sur Disney+, survole largement une production trop standardisée pour ne pas sortir du lot.

Toujours les mêmes oubliés

Sur le plan des regrets, constatons une fois de plus que ce genre de cérémonies se révèle incapable d’adouber les contenus dits «de genre», les fictions d’épouvantes et de science-fiction en particulier. On regrette ainsi que soient systématiquement oubliées des séries exceptionnelles, telles que «The Expanse», sur Prime voire «The Mandalorian» sur Disney+ ou, plus mineures mais soignées, telles que «Star Trek Discovery» sur Netflix, et dont la dernière saison est singulièrement montée en puissance.

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