Technologie: Google lance un traducteur de hiéroglyphes
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TechnologieGoogle lance un traducteur de hiéroglyphes

Le logiciel utilise l’apprentissage automatique pour décrypter l’ancienne écriture égyptienne. Cela veut donc dire qu’il est loin d’être parfait, mais qu’il va s’améliorer.

par
Michel Pralong
En photographiant par exemple ces hiéroglyphes, on devrait ensuite pouvoir les faire traduire par Fabricius.

En photographiant par exemple ces hiéroglyphes, on devrait ensuite pouvoir les faire traduire par Fabricius.

AFP

Ce mois de juillet marque le 221e anniversaire de la découverte de la pierre de Rosette par les troupes napoléoniennes en Égypte. Il s’agit d’une stèle sur laquelle est gravé un même texte, mais en trois écritures différentes: le grec ancien, l’égyptien démotique et les hiéroglyphes égyptiens. Jusqu’à ce jour, on ne savait pas lire ces derniers, la pierre le permit.

Pour célébrer cet anniversaire, Google a annoncé le lancement de Fabricius, un logiciel capable de traduire lui aussi les hiéroglyphes. Vous êtes dans un tombeau de la vallée des Rois et voulez comprendre ce qui est écrit sur les murs? Vous voulez vérifier que les hiéroglyphes dessinés par Jacobs dans l’album de Blake et Mortimer, «Le mystère de la grande pyramide», veulent bien dire quelque chose? Fabricius va vous aider. Enfin, dans la limite de ses possibilités.

Traduire à partir d’émojis

Le logiciel est en effet basé sur l’apprentissage automatique, c’est-à-dire que plus il sera utilisé et des hiéroglyphes y seront introduits, plus il sera à même de les décrypter. Il se compose pour l’instant de trois parties, dont deux plus particulièrement destinées au grand public, dans lequel on peut apprendre à tracer des hiéroglyphes avant de s’amuser à coder des messages dans cette écriture à partir de mots ou d’émojis, puisque ces derniers sont un peu les lointains descendants des hiéroglyphes.

Voici par exemple ce que Fabricius propose pour traduire «Bonjour les jeunes».

Voici par exemple ce que Fabricius propose pour traduire «Bonjour les jeunes».

Google

L’outil comprend enfin une partie carrément destinée aux égyptologues, afin de les aider dans leurs travaux. Une démarche saluée par l’un d’eux, mais avec encore pas mal de réserves. «Bien qu’impressionnant, il n’est pas encore au stade où il remplace le besoin d’un expert hautement qualifié en lecture des inscriptions anciennes», a déclaré à la BBC Roland Enmarch, maître de conférences en égyptologie à l’Université de Liverpool. Il explique qu’il reste énormément à accomplir pour reconnaître les hiéroglyphes, ceux-ci ayant non seulement évolué dans le temps, mais leur forme variant également en fonction de la personne qui les dessinait ou les sculptait. Ce premier essai n’est donc que la pointe de la pyramide.

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