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Hockey sur glaceGottéron, une défense indigne de ce nom

Le comportement défensif de FR Gottéron est insuffisant. Il reste 14 matches en saison régulière à Hans Kossmann pour resserrer les boulons.

par
Frédéric Lovis
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Son plus/minus (–17, le pire de LNA tous joueurs confondus) se suffit en lui-même. Il paraît orphelin de Shawn Heins, avec qui il a beaucoup joué ces dernières saisons.

Son plus/minus (–17, le pire de LNA tous joueurs confondus) se suffit en lui-même. Il paraît orphelin de Shawn Heins, avec qui il a beaucoup joué ces dernières saisons.

Keystone
Son niveau de jeu a régressé depuis la commotion à la Coupe Spengler 2012. Il n'a jamais retrouvé cet allant offensif et cette intransigeance qui a fait de lui un international.

Son niveau de jeu a régressé depuis la commotion à la Coupe Spengler 2012. Il n'a jamais retrouvé cet allant offensif et cette intransigeance qui a fait de lui un international.

Keystone
Il symbolise l'inconstance fribourgeoise de ces dernières semaines. Bon, jeudi à Bienne, il commet plusieurs erreurs grossières deux jours plus tard face au même adversaire.

Il symbolise l'inconstance fribourgeoise de ces dernières semaines. Bon, jeudi à Bienne, il commet plusieurs erreurs grossières deux jours plus tard face au même adversaire.

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Fait No 1: FR Gottéron repose sur la quatrième défense la plus perméable de LNA. Fait No 2: Benjamin Conz doit détourner en moyenne 31 tirs cadrés par match — il est l’un des gardiens les plus sollicités de la ligue. Au royaume d’un candidat potentiel au titre, il y a quelque chose qui cloche.

La baffe administrée samedi par Bienne (7-2) a un mérite. Elle jette une lumière crue sur la qualité insuffisante du jeu défensif pratiqué par le Dragon. «C’est un point souvent évoqué depuis le début de la saison, acquiesce l’ex-défenseur de Ligue nationale, Patrice Brasey. Or un titre se gagne en défense.»

Explication la plus facile du phénomène? Pointer du doigt les défenseurs qui ne livrent pas la marchandise (lire ci-dessous). «Mais tirer uniquement à boulets rouges sur ce secteur de jeu serait trop facile», avertit Frédy Bobillier. L’ancien arrière de ligue nationale, comme ses collègues Patrice Brasey et Antoine Descloux, avancent d’autres raisons.

1 FR Gottéron ne fait pas bloc

«C’est comme s’il manquait de la colle entre les cinq joueurs présents sur la glace, tant dans les mouvements offensifs que défensifs, image Antoine Descloux. Cela créer des déséquilibres et des espaces dans lesquels s’engouffrent les adversaires.» Patrice Brasey rappelle: «Le jeu défensif se pratique à cinq.» Frédy Bobillier enfonce le clou: «Défendre est le fruit d’une discipline d’équipe, pas seulement de celle des arrières.»

2 Huit défenseurs, c’est trop

Avant qu’Alain Birbaum et Marc Abplanalp ne se blessent, Hans Kossmann a toujours donné de la glace à ses huit défenseurs. «Comment voulez-vous trouver votre rythme avec autant de monde derrière, s’interroge Frédy Bobillier? Je ne comprends pas pourquoi le coach ne fait pas jouer la concurrence.»

Cette question, Patrice Brasey se la posait aussi avant samedi. «Or ils ont pris une baffe en jouant à six derrière. Mais je reste d’avis que tourner avec moins de monde permet une meilleure montée en puissance durant un match.» Antoine Descloux est le plus vindicatif. «Si on m’avait dit à l’époque qu’on jouait un match à huit derrière, j’aurais pris mon sandwich et je serais parti, car je n’aurais servi à rien.»

3 Heins n’a pas été remplacé

Nos interlocuteurs sont d’accord sur un point: prolonger Heins sur la base de la qualité des prestations fournies la saison dernière aurait été une erreur. «Par contre, il était capable d’élever la voix et de dire à certains attaquants qu’ils ne travaillaient pas assez derrière. Qui fait ce boulot», questionne Frédy Bobillier? «Il amenait sa forte personnalité dans le groupe. C’est difficile de remplacer ça», note Patrice Brasey. «Sportivement, il était au bout, mais je ne vois pas qui a pris le relais au niveau du leadership», relève Antoine Descloux.

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