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autoGP d'Italie - Les tifosi et les pilotes veulent sauver Monza (COMMENTAIRE)

Par Daniel ORTELLI Monza (Italie), 7 sept 2015 (AFP) - "Si on enlève Monza du calendrier pour des raisons merdiques de fric, ce sera comme si on nous arrachait le coeur": Sebastian Vettel, 2e du Grand Prix d'Italie dimanche, a résumé l'état d'esprit des fans de F1 alors que des incertitudes planent toujours sur l'avenir du mythique circuit.

Bien plus que la nouvelle victoire de Lewis Hamilton (Mercedes), c'est l'émotion d'un dimanche quasi-parfait à Monza dont se souviendront quelque 90.000 fans massés dans le parc ombragé du vieil Autodrome. Même si la crise économique fait rage, même si la Scuderia n'a pas gagné, c'était une journée de fête à Monza. Le podium, au dessus d'une foule de fans agglutinés, a donné la chair de poule à ses occupants, Hamilton, Vettel ("C'est la plus belle 2e place de ma vie!") et Felipe Massa, ex-pilote Ferrari. Comme à la grande époque du Baron rouge, Michael Schumacher, chaque passage d'une Ferrari devant la tribune d'honneur a été acclamé et les tifosi ont mis des banderoles partout, dont le superbe tifo rouge et jaune orné du cheval cabré cher à Enzo Ferrari. Manière de rappeler à tous, Bernie Ecclestone en tête, que Monza est un monument, qui accueille la F1 depuis 1950. Car depuis deux ans, les organisateurs du GP d'Italie négocient dur avec le grand argentier de la F1 pour prolonger le contrat du vieux circuit, qui s'achève en 2016. Depuis plusieurs mois, Ecclestone laisse planer la menace d'une disparition de Monza du calendrier. Selon la presse italienne, il réclame quelque 25 millions d'euros par an, quand les organisateurs en offrent une dizaine de moins. Impensable, la disparition du GP d'Italie, pays de F1 par excellence, au profit de nations lointaines et très riches? "C'est ce qu'on m'avait déjà dit lorsque nous n'avons plus eu de Grand Prix en France (à partir de 2008, NDLR), puis en Allemagne (cette année, mais il sera de retour à Hockenheim en 2016, NDLR). Mais maintenant, nous avons de bons remplaçants, non?", avait glissé Ecclestone au printemps dernier. "On a Monza dans le sang, on ne peut pas nous l'enlever", a répliqué Felipe Massa ce week-end, alors que les négociations se poursuivent. "Ce n'est pas notre travail de jouer un rôle dans ces discussions, mais je sais que la seule photo d'Enzo Ferrari dont je me souviens sur un circuit, c'était à Monza", a renchéri le nouveau patron de l'écurie Ferrari, Maurizio Arrivabene, visiblement bouleversé par ses débuts à Monza en tant que Team Principal de la Scuderia. "Je vais être très clair: le noyau dur et le coeur de la F1 c'est Monza, Spa, Hockenheim, Silverstone et Monaco. Il faut le préserver. Car quand on perd sa culture, on perd ses racines, on n'est plus un être humain", a poursuivi Arrivabene. Ce week end de Grand Prix a donc marqué le début d'une opération sauvetage. Signe fort, le PDG de Fiat-Chrysler, Sergio Marchionne, a fait venir le président du conseil italien, Matteo Renzi. Une présence importante, dans la mesure où Monza doit trouver encore un peu d'argent, public et privé, pour convaincre Ecclestone de prolonger son bail. "Nous sommes à un moment crucial", a reconnu dans un communiqué Andrea Dell'Orto, président de SIAS, la société qui gère le circuit. "Bernie Ecclestone sait bien que pour couvrir l'écart entre ses demandes et notre réalité il faut aussi un soutien extérieur", a-t-il poursuivi, en citant "en premier lieu la région Lombardie" mais en soulignant qu'une "contribution du gouvernement de Rome et/ou d'autres sources sera également nécessaire". dlo/pr/ol/mam

(AFP)

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