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autoGP de Belgique - Pour Vettel, les pneus "lamentables" menacent la sécurité des pilotes (PAPIER D'ANGLE)

Spa-Francorchamps (Belgique), 23 août 2015 (AFP) - L'Allemand Sébastien Vettel, contraint à l'abandon à deux tours de la fin du GP de Belgique de Formule 1, dimanche, suite à une spectaculaire crevaison, a qualifié de "lamentables" ces pneus qui menacent, selon lui, la sécurité des pilotes.

"Ca doit être dit: la qualité de ces pneus est lamentable, ça fait des années que ça dure et ça ne peut pas continuer comme ça. Je ne sais pas ce qu'on attend" pour faire quelque chose, s'est plaint le pilote Ferrari au micro de la télévision allemande RTL. "Il faut que je fasse attention à ce que je dis (pour ne pas prendre une amende, ndlr). Si ma crevaison avait eu lieu 200 mètres plus tôt, j'aurais tapé dans le mur à 300 km/h", a affirmé le quadruple champion du monde. Au moment de son abandon, Vettel occupait la troisième place, sous la menace du Français Romain Grosjean (Lotus). Alors que la plupart des pilotes s'étaient arrêtés à deux reprises pour changer de pneus, l'Allemand n'a effectué qu'un arrêt. Un pari risqué basé aussi sur la perspective d'une averse en fin de course, qui n'a jamais eu lieu mais aurait obligé les pilotes à changer encore de pneus. Le manufacturier unique Pirelli "a dit que les pneus tiendraient 40 tours et je pense qu'on était plus près de 30", a expliqué Vettel. "Quelque chose comme ça ne doit pas arriver. Il y a de quoi se sentir floué", a-t-il encore pesté, avant de mettre en garde ses collègues pilotes. "Il faut s'assurer qu'on tire les leçons de tout ça. Sinon, bientôt, l'un de nous va taper dans le mur et on va être là à se dire: Peut-être qu'on aurait dû faire quelque chose... " Vettel a rappelé que "le même problème est survenu deux fois ce week-end". "Moi je ne suis pas sorti des limites de la piste, comme Nico (Rosberg) vendredi", a continué l'Allemand. Le pilote Mercedes avait explosé brutalement, lui aussi, un pneu arrière droit, à plus de 250 km/h, lors des essais libres 2. "Ces pneus ont explosé complètement sans prévenir", a-t-il souligné. Paul Hembery, le patron de la compétition chez Pirelli, a aussitôt répondu à Vettel en estimant que le pilote allemand avait "réagi à chaud, sous le coup de la colère et de la frustration". C'est Vettel qui, sur la radio de bord, avait demandé à son équipe s'il pouvait finir la course avec les mêmes pneus. "Ses pneus étaient en fin de vie. N'importe quel pneu dans le monde, quand il est en fin de vie, risque de rencontrer un problème. C'était une course à deux arrêts et certains en ont même fait trois. Ferrari est la seule à avoir opté pour une option à un seul arrêt (uniquement pour Vettel)", a constaté Hembery. Depuis trois ans, Pirelli est régulièrement pointé du doigt par les pilotes, qui doutent de la qualité de ses gommes destinées à assurer le spectacle, en se dégradant brutalement pour les obliger à les changer. En 2013, Sergio Pérez avait affirmé que "quelque chose de grave arriverait un jour", après avoir été victime d'une crevaison spectaculaire. A l'époque, le manufacturier italien avait repoussé les critiques: "Nous faisons exactement ce qu'on nous a demandé de faire, c'est-à-dire obliger les pilotes à faire deux ou trois arrêts en course." bnl/dlo/mam

(AFP)

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