04.08.2019 à 10:37

FootballGrâce à Kasami, Sion a évité la crise

Auteur d’un doublé, le joker de luxe a offert trois points inespérés à des Valaisans en mode combatifs. La manière, elle, attendra.

par
Nicolas Jacquier

En passant de la Maladière à Tourbillon cet été, Stéphane Henchoz a découvert un environnement différent, qu’il pouvait ignorer à Neuchâtel, où les conséquences d’un échec de Xamax ne provoquaient pas d’interminables polémiques; parce que sans doute aussi davantage accepté compte tenu du statut du club, plus modeste. En Valais, où les moyens à disposition sont nettement supérieurs et où le FC Sion «appartient» au peuple de ses supporters (et de tous ceux qui en parlent), le technicien fribourgeois, dorénavant bien davantage exposé aux critiques, doit composer avec le poids d’une nouvelle pression. À cet égard, il lui faut tout à la fois convaincre, ce qui passe obligatoirement par des résultats, et séduire, ce qui suppose un spectacle, Henchoz ne pouvant plus se contenter d’assurer le coup défensivement comme cela était le cas lorsqu’il avait été promu sur le banc de Xamax.

La crispation de jouer à domicile

En venant hier soir à bout du FC Zurich dans des circonstances rocambolesques, Sion et son nouveau coach ont dû se contenter des trois points. C’est déjà beaucoup, même quasi inespéré au vu de la physionomie d’une partie qui devait curieusement échapper au contrôle d’un FC Sion évoluant sur un rythme lénifiant, sans idée ni emprise sur le jeu – comme si personne ne savait trop quoi faire du ballon. Comme si le fait d’évoluer à Tourbillon, devant un public demandeur d’un jeu que ses favoris ne peuvent lui offrir, constituait un frein à l’expression, débouchant sur une crispation pesante. La vérité, c’est que Zurich a longtemps mieux joué, jusqu’au penalty raté de Kololli, tournant de la soirée comme devait l’être aussi la très stupide expulsion d’Abdellaloui (71e).

Comme souvent en pareil cas, Sion, libéré de ses démons, allait puiser dans des ressources morales qu’on ne lui soupçonnait peut-être pas pour sonner la révolte. Il allait surtout trouver en Pajtim Kasami le buteur providentiel, qu’il était déjà la saison passée. Alors que les sifflets avaient redoublé d’intensité, le joker de luxe valaisan a su les faire taire sur deux gestes de classe condamnant Zurich et évitant au FC Sion de Stéphane Henchoz de connaître sa première crise sportive. On ose imaginer ce qu’il serait advenu si Kololli avait converti son penalty.

Si la lutte des classes à la mode valaisanne mérite le respect, il convient de s’interroger sur le décalage existant entre les intentions et leur réalisation. À défaut d’être séduit par le jeu proposé, Tourbillon se retrouve dans un FC Sion de combat, où le caractère a occulté en fin de partie l’inquiétant manque de justesse technique affiché durant près d’une heure. Après la sortie de Behrami (touché à la cheville), le passage en 4-4-2 suscitera le début d’une embellie. À Sion, il y a déjà de tout un peu, mais pas encore suffisamment dans la durée pour ce qui est du positif. «On peut être très content des trois points mais l’on sait que l’on a encore beaucoup de travail.» Henchoz n’a pas perdu sa lucidité. Grâce à son coaching gagnant, il s’est surtout évité une première crise qu’un nouvel échec à domicile n’aurait pas manqué de provoquer.

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