«Gran Turismo 7», le retour du roi
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Jeux vidéo«Gran Turismo 7», le retour du roi

La franchise qui fête ses 25 ans sur PlayStation 4 et 5 ne pouvait pas roupiller ou, au pire, se louper.

par
Jean-Charles Canet

Au volant sur le circuit «Deep Forrest»

YouTube/PlayStation France

«Gran Turismo», c’est le jeu de simulation de conduite automobile phare de la PlayStation, depuis que la nuit des temps. «GT7» débarque ce vendredi 4 mars 2022, en physique et en dématérialisé. Le simulateur arrive un peu plus de huit ans après «Gran Turismo 6» sur PlayStation 3 et un peu plus de 4 ans après «Gran Turismo Sport», un épisode intermédiaire à l’ambition plus restreinte, sur PS4. C’est dire que le temps a pu paraître long aux fidèles de la console de Sony.

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Dès son générique d’introduction, «GT7» affiche la couleur. Un majestueux résumé en images de l’évolution de l’industrie de ses débuts artisanaux à nos jours indique clairement que le jeu reste fidèle à son camp, celui de la classe, de la dévotion et du réalisme. Et le fondu final, qui marque le passage de la vidéo en une représentation numérique d’un rutilant véhicule annonce tout aussi clairement «attention les yeux et les oreilles».

Prise en main onctueuse

La suite? Polyphony Digital s’empresse de confirmer en emmenant gentiment le joueur dans son univers, pas à pas, en commençant par une petite course pour se dégourdir le volant puis en le conduisant sur une carte sur laquelle s’étofferont les diverses options. On commence petit, avec un budget restreint et une petite cylindrée. On passe au café, centre névralgique qui nous guide vers les compétitions qui permettront de gagner des brouzoufs et d’autres véhicules dont il faudra assez vite soigner les performances au garage pour s’assurer de pouvoir au moins terminer troisième sur les divers circuits situés dans trois régions principales, soit l’Europe, les États-Unis et l’Asie. Très vite aussi, on constate le retour des épreuves d’acquisition de permis. Plus on progresse, plus l’éventail des possibilités se déploie, les modes en ligne (compétitifs ou amicaux) ne s’ouvrant qu’une fois certaines bases acquises.

La gare centrale de «GT7».

La gare centrale de «GT7».

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À ce stade de la prise en main, il nous faut signaler la simple et redoutable efficacité de cette mise en bouche qui évite que le joueur se sente noyé sous la multitude d’options que seront proposées au joueur une fois toutes les barrières levées. Sans oublier un sens de la pédagogie qui transpire par tous les pores du simulateur et un hommage appuyé à l’histoire des marques des origines à nos jours observable dans un musée virtuel.

Manette et volant

Sur la version PS5 que nous avons pu tester, «GT7» propose trois modes de conduites. Deux avec la manette DualSense (l’un laissant la direction au joystick analogique, l’autre en émulant la reconnaissance de mouvement dans l’espace) et le dernier avec la compatibilité avec les divers volants proposés sur le marché. La conduite avec un volant à retour de force (on a essayé avec un modèle Logitech) a beau être la plus convaincante qui soit, «GT7» reste praticable à satisfaction via la manette (les deux modes). L’avantage du premier est qu’il permet de se passer plus rapidement des nombreux assistants visuels et logiciels à la conduite qui viennent compenser les inévitables lacunes d’un gamepad. On passe comme chat sur braises sur la gestion du retour haptique de la DualSense, n’ayant rien ressenti de bouleversant (comme d’habitude) alors certaines des personnes à qui nous avons passé la manette ont trouvé cette spécificité PlayStation tout à fait admirable.

Des effets de lumière et de reflets mais réservés aux modes rediffusion, salle d’exposition et photo.

Des effets de lumière et de reflets mais réservés aux modes rediffusion, salle d’exposition et photo.

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Côté graphismes, bien que l’on sache que «GT7» compose avec son devoir de tourner correctement autant sur PS4 que sur PS5, le travail est fait et bien fait. Les circuits sont méticuleusement créés (et recréés pour ceux qui existent dans notre vrai bas monde). On relève cependant une végétation un tantinet figée tout en reconnaissant que cela n’a pas de grande importance. Côté son, l’amplitude et le spectre de l’habillage dans ses moindres détails, même les plus cachés, laisse admiratif.

En attendant Sophy

En matière de comportement routier, GT7 excelle, le contraire aurait été préoccupant tant le réalisme est le composant clé de la franchise. Rien à dire de particulier sur l’intelligence artificielle des voitures sur les circuits, correcte mais qui ne nous a pas semblé trancher significativement avec ce qui se fait sur les bonnes simulations concurrentes. Pour espérer une avancée marquante dans ce domaine, il faudra attendre l’arrivée de «GT Sophy» une IA que Sony a présenté dernièrement et que l’entreprise compte intégrer à «Gran Turismo 7» via une mise à jour à une date encore non révélée. Mais la promesse fait saliver, pour sûr.

Au garage pour mettre à niveau votre véhicule.

Au garage pour mettre à niveau votre véhicule.

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Côté performance «GT7» affiche, à nos yeux sans scanners, un très solide 60 images par seconde en course pour toutes les parties du jeu au volant. Lorsque le mode ray tracing est activé, ce mode de gestion réaliste de la lumière et reflets est apparent lors des rediffusions et dans le mode vitrine mais, compromis, l’animation passe alors à 30 ips. Il reste dans tous les cas non opérant en conduite. Laisser l’option activée ne détériore donc en rien la fluidité manette en main.

Une beauté discrète

Superbe sans pour autant rechercher le tape à l’œil, grand (on est loin d’en avoir vu l’entier du développement malgré déjà de nombreux kilomètres parcourus), élégant, japonais en son cœur dans le meilleur sens du terme, «Gran Turismo 7» nous paraît être à la hauteur des attentes et reprend la tête des simulations automobiles sur console. Toujours sur le registre du réalisme, on ne voit guère que l’arrivée (encore non spécifiée) d’un nouveau «Forza Motorsport» sur plateforme Xbox, pour inquiéter l’actuel magnus opus ainsi peaufiné et développé.

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