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AttentionGrave arnaque au téléphone

De faux agents de Microsoft appellent leurs victimes pour récolter les données sensibles de leurs ordinateurs.

par
Victor Fingal

Une nouvelle arnaque au téléphone fait fureur actuellement en Suisse. De faux employés du géant californien Microsoft appellent leurs victimes potentielles afin de récolter des données bancaires ou des accès à des cartes de crédit présents sur leurs ordinateurs. «Ces arnaques sont particulièrement inquiétantes car elles se font par le biais du téléphone et non par e-mails, comme dans la plupart des tentatives d'escroquerie de ce genre. Les internautes ne sont pas préparés», commente Valérie Muster, juriste à la FRC. Et la responsable de la permanence-conseil de la FRC d'ajouter: «Nous avons publié une alerte sur notre site afin de mettre en garde les consommateurs.»

Une démarche rassurante

Selon les témoignages récoltés par la FRC, le Tages-Anzeiger et plusieurs sites Internet, le modus operandi est toujours le même. Une femme parlant anglais avec un fort accent étranger – indien selon certains – appelle la victime potentielle en se faisant passer pour une employée d'un «Customer Care Center» de Microsoft. Des messages d'erreurs lui seraient parvenus via l'ordinateur de l'appelé. Pour y remédier, il suffit d'accéder, avec un code, à la page Web «logmein123.com» où il lui sera proposé de télécharger des programmes censés améliorer la performance de l'ordinateur. Vous l'avez compris: ce programme n'est autre qu'un espion informatique chargé de s'introduire dans des relations bancaires ou des données de cartes de crédit. «Je me suis même fait avoir en leur versant 287?dollars via PayPal, c'est tout ce qui restait sur ma carte», a témoigné une victime sur le site whocallsme.com.

Pour ceux qui doutent dès le départ et exigent un numéro de téléphone à rappeler, les arnaqueurs vont sans complexes en fournir un provenant en apparence de la région de Thoune et commençant par 033. Mais les enquêteurs du site tellows.ch ont dévoilé la supercherie: l'appel original provient en fait des Etats-Unis. «Contre ce genre d'escrocs, il est très difficile d'agir, a confirmé au Tages-Anzeiger Pascal Lamia, chef de la Centrale d'enregistrement et d'analyse pour la sûreté de l'information (Melani) de la Confédération. Il est certes possible de remonter à l'étranger jusqu'au numéro de téléphone mais savoir exactement à qui il est attribué, c'est pratiquement impossible.»

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