Justice - Greenpeace demande l’annulation d’un permis de forage en mer du Nord
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JusticeGreenpeace demande l’annulation d’un permis de forage en mer du Nord

En mer du Nord, un permis de forage pétrolier accordé par Londres à BP fait des remous. L’ONG écologiste demande à la justice écossaise de le retirer.

Greenpeace s’oppose à un permis de forage au large d’Aberdeen (Écosse) accordé par Londres à BP.

Greenpeace s’oppose à un permis de forage au large d’Aberdeen (Écosse) accordé par Londres à BP.

AFP

Greenpeace va contester en justice à partir de mercredi un permis de forage accordé par le gouvernement britannique au géant pétrolier BP en mer du Nord, l’ONG demandant son annulation pour des raisons environnementales.

Un tribunal, la Court of Session d’Edimbourg, la plus haute juridiction pour les affaires au civil en Écosse, va examiner la plainte et entendre les différentes parties jusqu’à jeudi, selon un communiqué de l’ONG mardi. La décision de la justice pourrait elle prendre plusieurs mois et est lourde d’enjeu pour le gouvernement britannique qui organise en novembre la COP26, la conférence sur le climat, à Glasgow en Écosse.

Greenpeace précise qu’il s’agit de la première fois qu’un permis pour un forage pétrolier en mer est contesté en justice. L’ONG estime que le gouvernement britannique l’avait accordé en août 2018 sans prendre en compte l’impact sur le climat, comme il est contraint désormais de le faire pour les nouveaux forages.

20 mille barils par jour

Le projet en question, celui de Vorlich, est constitué de deux puits, situés à environ 240 km à l’est d’Aberdeen sur la côte écossaise. Son objectif est de forer 30 millions de barils de pétrole, avec une production allant jusqu’à 20’000 barils de brut par jour. Son coût est de 200 millions de livres (plus de 233 millions de francs).

Interrogé par l’AFP, BP n’a pas souhaité faire de commentaires sur la procédure en justice. De même, le gouvernement britannique ne souhaite pas s’exprimer sur l’affaire.

Un porte-parole de l’exécutif rappelle toutefois que sans le pétrole et le gaz extraits en mer du Nord, «le Royaume-Uni serait encore plus dépendant des importations» pendant la période de transition vers des énergies plus propres. «Même si la dépendance du Royaume-Uni envers les énergies fossiles continue de diminuer, la Commission indépendante sur le changement climatique estime que nous ne pouvons pas abandonner du jour au lendemain le pétrole et le gaz», qui fournissent des emplois et aident à produire de l’électricité, selon lui.

Greenpeace espère que cette affaire pourra avoir des conséquences sur un autre permis, celui pour le champ pétrolier de Cambo vers les îles écossaises Shetland, que le gouvernement est sur le point de valider.

«Il est scandaleux que le gouvernement britannique approuve systématiquement les permis pétroliers, comme celui-ci et celui de Cambo en cours d’examen, tout en ignorant complètement l’impact climatique», souligne Mel Evans, un responsable de Greenpeace pour le Royaume-Uni.

En établissant un chemin clair pour abandonner progressivement le pétrole et le gaz le gouvernement britannique doit protéger les travailleurs et les collectivités à travers la transition énergétique.

Mel Evans, un responsable de Greenpeace pour le Royaume-Uni

«Le permis de BP doit être annulé et Cambo doit être arrêté. En établissant un chemin clair pour abandonner progressivement le pétrole et le gaz le gouvernement britannique doit protéger les travailleurs et les collectivités à travers la transition énergétique», selon lui.

Premières victoires

Greenpeace avait obtenu une première victoire en justice en avril 2020 concernant le champ de Vorlich. L’ONG avait alors obtenu du gouvernement britannique la publication du permis de forage accordé à BP, soit un premier pas dans la procédure visant à le faire annuler.

En juin 2019, Greenpeace avait contraint une plateforme de BP à changer son itinéraire après plusieurs jours de mobilisation, perturbant ainsi son acheminement vers le champ de Vorlich. Des activistes étaient notamment montés sur la plateforme.

(AFP)

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