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GenèveGrève du zèle: les policiers dénoncent des menaces

Les syndicats de la police genevoise ont dû renoncer à leur grève ce jeudi. Leur hiérarchie serait intervenue.

La cheffe de la police affirme qu'il n'y a jamais eu de menaces de licenciement.

La cheffe de la police affirme qu'il n'y a jamais eu de menaces de licenciement.

Archives, Keystone

La grève du zèle que les syndicats de la police genevoise voulaient organiser dans le cadre de la journée de grève de la fonction publique, jeudi 29 janvier, à Genève, n'a pas pu avoir lieu. Les syndicats de police dénoncent les menaces de leur hiérarchie. Selon les représentants du personnel, des pressions ont été exercées sur les gendarmes en service jeudi matin, pour qu'ils renoncent à participer à l'action.

«Des officiers se trouvaient dans les postes pour s'opposer à tout départ de gendarmes», a déclaré devant la presse Christian Antonietti, le président du Groupement des associations de police (GAP). Les agents ont été menacés de licenciement. «Le personnel vit aujourd'hui dans la terreur», a-t-il ajouté.

Les syndicats ont dû renoncer à leur grève du zèle, qui aurait consisté à organiser des contrôles routiers et d'expliquer les raisons de cette action aux automobilistes, en leur distribuant un tract et une barre de chocolat. Chaque gendarme en uniforme aurait été accompagné d'un collègue en congé, et en habits civils.

Cette présence d'un gendarme en congé était indispensable pour ne pas transformer cette grève en action illégale. Un policier en service ne peut en effet pas distribuer de tracts ou adresser des messages politiques. Les gendarmes ne peuvent pas non plus manifester dans la rue en uniforme, a rappelé M. Antonietti.

Un signal

«Une grève du zèle ne peut pas être considérée comme une action de force, il s'agit simplement de faire son travail», a poursuivi le syndicaliste. Ce dernier ne comprend pas la réaction des responsables de la police pour empêcher cette action, qui à aucun moment n'aurait mis en danger la population.

«C'est un signal assez grave qui a été envoyé», a pour sa part considéré Patrick Flury, le président du Cartel intersyndical de la fonction publique.

Obéissance

Interrogée par l'ats, la cheffe de la police Monica Bonfanti affirme qu'il n'y a jamais eu de menaces de licenciement. Elle a simplement rappelé à ses troupes que pendant leur service les agents devaient obéir à leur hiérarchie. Une grève du zèle ne fait pas partie des missions confiées par la hiérarchie, a-t-elle souligné.

Les syndicats de la police, comme le reste des représentants du personnel de l'administration genevoise, souhaitent que le Conseil d'Etat abandonne le projet intitulé Score, qui vise à une refonte complète de la grille salariale de la fonction publique. «Il s'agit d'un projet opaque qui va baisser les bas salaires», a indiqué M. Antonietti.

(ats)

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