Minikrach: Grosse frayeur sur les bourses
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MinikrachGrosse frayeur sur les bourses

En deux jours, les traders ont perdu ce qu’ils avaient gagné depuis le début de l’année. Cette correction était pressentie, mais elle est peut-être due aux machines.

par
Éric Felley
Un trader de Wall Street scrute avec inquiétude les cours du Dow Jones, qui se sont effondrés lundi soir.

Un trader de Wall Street scrute avec inquiétude les cours du Dow Jones, qui se sont effondrés lundi soir.

Brendan McDermid /REUTERS

Hier matin, la tension était palpable sur les sites financiers helvétiques. Thomas Veillet, le chroniqueur du site Investir.ch, craignait un effet de panique. Et cela a débuté comme ça…

À cause d’ordres d’achats passés après la fermeture, lundi, de la Bourse américaine (le Dow Jones en chute de –4,6%, du jamais-vu depuis 2011), le Swiss Market Index (SMI) a chuté d’environ 4% à l’ouverture. Puis il s’est repris pour se stabiliser vers –1,8% dans la journée. L’action de Credit Suisse était la plus touchée avec une baisse de près de 4%, devant celle du Swatch Group et celle de Julius Baer, à –3,3%.

Le retour de manivelle entamé vendredi dernier à Wall Street s’est poursuivi hier sur les places boursières du monde entier. Celle de Tokyo a perdu 4,73%. Les corbeilles de Paris, de Londres ou de Francfort décrochaient d’environ 2,3% chacune.

Après un mois de janvier de folie, cet événement paraissait attendu par les milieux financiers. Mais aujourd’hui, tout le monde espère qu’il s’agisse d’un phénomène temporaire et maîtrisé. Les analystes de Credit Suisse ont évoqué «une saine correction». Selon eux, la tendance haussière reste cependant «intacte».

Manuel Ferreira, chef de la stratégie de placement à la Banque Cantonale de Zurich, associée à Swisscanto, partage cette analyse. «La valorisation des actions était trop haute et une correction des marchés était prévisible. Paradoxalement, ce sont les bonnes nouvelles de la conjoncture aux États-Unis qui provoquent ce phénomène. L’augmentation des salaires, la crainte de l’inflation, la crainte de la hausse des taux de la FED, tout cela a provoqué un mouvement négatif.»

Pour l’instant, il n’y a pas de lieu de craindre pour les gains exceptionnels réalisés en 2017 (le SMI a grimpé de 14%), notamment par les caisses de pension helvétiques. «Les investisseurs n’ont pas de raison de sortir du marché maintenant», note l’analyste zurichois.

Pour Thomas Veillet, cet épisode boursier est cependant étrange. «Fondamentalement, rien n’a changé, l’économie va plutôt bien. La violence de la correction me fait penser à un phénomène lié à du trading automatisé. Normalement, dans une telle situation, l’or aurait dû fonctionner comme valeur refuge et les monnaies auraient été secouées. Or le premier n’est pas monté et les monnaies n’ont pas bougé.»

Les machines se seraient-elles emballées? Toujours est-il que les 9 ou 10% de gains accumulés depuis le début de l’année sont partis en fumée.

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