27.08.2020 à 16:47

Football«Grosso est quelqu’un qui aime jouer au ballon»

Le Lausannois Migjen Basha était l’un des hommes de base de Fabio Grosso à Bari, en 2017-2018. Il raconte les méthodes du nouvel entraîneur de Sion, dont il garde un excellent souvenir.

par
Brice Cheneval
Migjen Basha (à droite) sous le maillot de l’Albanie en 2016.

Migjen Basha (à droite) sous le maillot de l’Albanie en 2016.

KEYSTONE

Christian Constantin n’est pas footballeur mais il maîtrise à merveille l’art du contrepied. Ce mardi, le FC Sion a pris tout le monde de court en annonçant l’identité de son nouvel entraîneur. Alors que le nom de Mecha Bazdarevic revenait avec insistance, le boss de Tourbillon a offert le poste à Fabio Grosso.

L’Italien de 42 ans arrive avec une réputation flatteuse en tant que joueur (champion du monde 2006, passé notamment par l’Inter Milan, Lyon et la Juventus) mais aussi son lot d’incertitudes. Que vaut-il en tant qu’entraîneur?

Grosso a débuté sa nouvelle carrière en 2014, sur le banc des M19 de la Juventus. Après trois saisons, il s’est lancé chez les seniors. D’abord à Bari (2017-2018), puis à l’Hellas Vérone (2018-2019) et Brescia, où il a été écarté un mois après sa nomination, en novembre 2019.

Au vu de ce parcours dans l’ombre, difficile de savoir à quoi s’attendre du côté de Sion. Christian Constantin a livré un petit indice au moment de sa nomination: «Je cherchais un profil […] pour qui la culture du jeu est importante.»

Tourné vers la maîtrise du ballon

«Fabio Grosso est quelqu’un qui aime jouer au ballon», confirme Migjen Basha. Le milieu de terrain lausannois de Melbourne (Australie) a joué sous les ordres de l’ancien défenseur à Bari. «Il m’a laissé une très belle impression», relate-t-il.

Cette saison-là, en Serie B, Bari faisait partie des candidats à la montée. Longtemps dans la course, le club des Pouilles a vécu une fin de saison cauchemardesque.

«Fin mai, on était cinquième et on devait jouer notre match de play-off à domicile, explique Basha. Puis on nous a enlevé deux points pour une irrégularité administrative (ndlr: Bari fera faillite à la fin de la saison et repartira ensuite en Serie D). Résultat: on a reculé au classement, donc on a dû jouer à l’extérieur. On a fait 2-2 contre Citadella et comme c’est le mieux classé qui se qualifie en cas de match nul, on a été éliminé… Mais au global, c’était une année plaisante.»

L’international albanais évoque Fabio Grosso avec une douce nostalgie: «On partageait la même philosophie de jeu. Mon style lui plaisait et j’aimais sa manière de faire jouer l’équipe. Cela nous a rapproché.» En 2017-2018, Basha a disputé 35 matches toutes compétitions confondues, signe de son rôle primordial au sein du collectif. «Il voulait que tous les ballons passent par moi. Il me faisait sentir que j’étais très important. Il y a même des fois où il voulait me faire jouer blessé (rire).»

 Fabio Grosso lors de sa présentation en tant qu’entraîneur du FC Sion.

Fabio Grosso lors de sa présentation en tant qu’entraîneur du FC Sion.

KEYSTONE

Humilité et adaptabilité

Grosso demandait à ses joueurs d’être protagonistes. «Son système de base, c’était le 4-3-3, indique notre interlocuteur. Quand on repartait de derrière, en tant que sentinelle, je venais m’insérer entre les défenseurs centraux pendant que les latéraux montaient. Par conséquent, cela se transformait souvent en 3-5-2 ou 3-4-3. Il insistait aussi beaucoup sur la densification du bloc, que ce soit pour presser et défendre.»

Les entraînements s’inscrivaient dans la lignée de cette idée: «C’était toujours tourné vers la construction et la possession, c’était plaisant. Attention, ça bossait dur aussi physiquement! Mais en général, les deux premiers jours de la semaine étaient consacrés au physique et le reste du temps, on jouait.»

Migjen Basha a également été impacté par l’intelligence tactique de son ancien entraîneur: «Il a joué au très haut niveau donc il était en mesure de comprendre les situations et de s’adapter rapidement à l’adversaire. Il arrivait à mettre les joueurs dans les meilleures dispositions. Qui plus est, Fabio était excellent dans ses explications.»

««Malgré sa grande carrière, il ne s’est jamais pris en exemple pour nous expliquer quelque chose»»

Migjen Basha, milieu de terrain de Melbourne passé par Bari en 2017-2018

Hors du terrain, Grosso est décrit comme une personne «très tranquille et humble». «Malgré sa grande carrière, il ne s’est jamais pris en exemple pour nous expliquer quelque chose», se souvient le Lausannois.

Ce dernier émet un seul bémol: «Il parlait beaucoup aux cadres mais pas toujours avec les autres, ce qui fait que certains ont pu parfois se sentir à l’écart. Dans le football actuel, il est capital de savoir fédérer tout le monde. Je mets cela sur le fait qu’il s’agissait de sa première expérience en tant que coach chez les seniors.»

Les joueurs de Sion savent désormais à quoi s’attendre.

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17 commentaires
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Tom Della Casa

28.08.2020 à 09:37

Quand il verre le niveau de son équipe, il comprendra que jouer au ballon va être difficile.

Slurrrrpppp

28.08.2020 à 08:11

Etonnant...il est passé 8h00 et pas encore d'article sur le club de légende? Les laquais de la rédaction seraient-ils en grève?

Dennis

28.08.2020 à 07:09

Pourquoi est-is entraîneur? Il aurait mieux fait de continuer à “jouer au ballon”...