Football - Groupe E: L’Espagne veut retrouver les sommets
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FootballGroupe E: L’Espagne veut retrouver les sommets

Qu’est-ce qu’on attend de cette poule? Quel joueur va impressionner ou décevoir? Décryptage du groupe de l’Espagne à la sauce lematin.ch, avant le début du Championnat d’Europe.

par
Florian Vaney
Reuters

La composition du groupe

Pologne, Slovaquie, Espagne, Suède.

Ce qu’on attend de ce groupe

Une captivante opposition de styles, footballistiques et identitaires. En haut, l’Espagne, ses grands noms qui font fureur tant au pays qu’en Premier League, sa quête d’un retour au premier plan sur la scène internationale après ses échecs en 2014 (élimination en poules), 2016 (8es) et 2018 (8es encore). En dessous, les deux derniers pires cauchemars de l’équipe de Suisse: l’invincible Suède, victorieuse de ses cinq matches en 2021 (certes face à des oppositions modestes) et emmenée par sa pépite Alexander Isak, comparée et amenée à prendre le rôle de Zlatan Ibrahimovic, ainsi que la Pologne de l’incroyable Robert Levandowski, qui fait trembler l’Europe à lui seul. En outsider, cette Slovaquie qui n’en finit plus de surprendre, issue de deux barrages bouillants contre l’Irlande et l’Irlande du Nord, de la partie pour son deuxième Euro consécutif et qui se repose sur Milan Skriniar, tout frais vainqueur de la Serie A avec l’Inter, comme figure vedette. Les débats s’annoncent passionnants.

Ce qu’on n’attend pas de ce groupe

Des bourdes de David de Gea. Logique, vu que l’éternel gardien de Manchester United devrait passer le tournoi sur le banc. Ce n’est donc probablement pas à l’Euro que l’Espagnol effacera l’atroce souvenir de la finale de l’Europa League (aucun arrêt sur onze penalties, le tir au but final manqué). Unai Simon a fait le job avec l’Athletic Bilbao cette saison, Luis Enrique a placé toute sa confiance en lui depuis sept matches (dont les deux derniers de Ligue des nations et le début des éliminatoires pour la Coupe du monde au Qatar): l’avenir de la Roja semble s’écrire avec le Basque devant les filets. Et tant pis pour de Gea, dont le dernier souvenir avec l’Espagne dans un grand tournoi reste donc une défaite aux penalites face à la Russie. Pas top non plus…

AFP

Le joueur qu’on attend

Przemyslaw Frankowski. Ou Robert Lewandowski. Allez, disons plutôt Robert Lewandowski. Il y a au moins mille raisons d’attendre le génial buteur polonais au tournant encore plus que d’habitude. En voilà quatre. 1. Parce qu’il a un sélectionneur qui l’aime. Paulo Souza est allé jusqu’à voyager à Munich pour s’entretenir quatre heures avec la vedette de sa sélection, histoire de savoir comment il voyait les choses. 2. Parce qu’il possède une jolie équipe autour de lui, qui s’en est notamment particulièrement bien tirée en Ligue des nations dans un groupe relevé (Italie, Pays-Bas et Bosnie). 3. Parce qu’il vient de supprimer le record de goals en une saison de Bundesliga détenu par Gerd Müller. La marque est désormais fixée à 41. 4. Parce qu’après l’édition 2020 annulée du Ballon d’or, il y a là une jolie petite occasion qui se présente de taper du poing sur la table et de rappeler qui est le patron. Si besoin était.

Reuters

Le joueur qu’on n’attend pas

Marek Hamsik. En 2016, la Slovaquie disputant le premier Euro de son histoire, le joueur à la crête avait joué les hommes providentiels. De son pied droit était sortie une frappe géniale qui avait enterré la Russie et permis aux Slovaques de rejoindre les 8es de finale. Une autre époque… Le milieu de terrain était encore un footballeur qui comptait sur la scène internationale. Il faisait la même chose que depuis dix ans: les beaux jours du Napoli.

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Depuis? Il est parti deux ans rouler sa bosse en Chine, avant de s’installer tout récemment en Suède, à l’IFK Göteborg, récent 10e du championnat national. Le tout en ne disputant que vingt parties en club sur l’ensemble des deux dernières saisons. Ses 126 sélections n’ont d’ailleurs pas empêché Stefan Tarkovic, l’homme fort de la Slovaquie, de lui retirer le brassard de capitaine au profit du défenseur Peter Pekarik. Preuve qu’il y aura sans doute plus dangereux à surveiller dans les rangs slovaques ces prochains jours.

La surprise

Zlatan Ibrahimovic ne sera pas de la partie à l’Euro. Le géant suédois est blessé à un genou depuis début mai et a manqué les deux derniers matches de l’AC Milan en Serie A. Si c’est de l’info, de l’intox, on n’en sait rien. Reste qu’il a été communiqué que l’attaquant avait besoin de six semaines de soin, ce qui lui barre de facto la route des Championnats d’Europe. Et que s’il était sorti de sa retraite internationale au début de l’année, c’était sans doute pour y participer.

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Quoi qu’il en soit, on connaît l’ego de la bête, jamais loin lorsqu’il s’agit de se mettre en avant. Du coup, l’opportuniste Zlatan va saisir la balle au rebond après le match initial des siens, qui s’achèvera sur une brillante victoire face à l’Espagne à Séville. Une vidéo larmoyante où «Ibra» dira tout son attachement à son équipe nationale, son déchirement d’être resté à la maison et sa foi en ses compatriotes pour la suite des festivités fera l’effet d’une bombe. Elle sera largement relayée sur les réseaux avant le match 2 face à la Slovaquie. La planète football s’en émouvra, l’ensemble de la sélection «blagult» aussi. Le début d’une belle histoire, qui mènera la Suède loin dans la compétition.

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