Publié

InternetGrugé par un faux acheteur sur le web

Un photographe valaisan vient d’être victime d’escrocs sur Paypal. Une arnaque en vogue aussi sur d’autres sites de paiement.

par
Laurent Grabet
Sedrik Nemeth

«Je ne suis pas fier, mais j’aimerais éviter à d’autres de se faire pigeonner!» assène Neil Harrison. Ce photographe installé à Nendaz (VS) pensait avoir vendu son Nikon D300 via un site suisse de petites annonces très populaire.

Or le Britannique s’est aperçu qu’il ne verrait jamais la couleur des 865 fr. que son prétendu acheteur genevois était censé lui avoir versés via le site Paypal. «J’ai attendu de recevoir son justificatif de paiement Paypal avant de lui envoyer mon appareil par la poste. Sauf que c’était une parfaite imitation et que je me suis fait avoir. En portant plainte, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul.» Le photographe a peu de chances de revoir son D300. Et ce même en se rendant à l’adresse postale où il a été envoyé.

D’après la police, en effet, dans ce genre d’affaires, il y a parfois jusqu’à dix intermédiaires entre le pigeon et ses arnaqueurs. Dans ce cas-ci, comme souvent, ces «fusibles interchangeables» mènent en Côte d’Ivoire. Il est même possible que la propriétaire de la boîte aux lettres destinatrice ne soit au courant de rien et qu’elle soit une victime indirecte des malfrats.

Une filouterie très à la mode Ces derniers mois, Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs, a noté une augmentation de faux e-mails utilisés comme justificatifs. «Paypal, PostFinance ou Western Union sont régulièrement victimes de ces faux dans les titres. Et à part mettre en garde sur leur sites respectifs, ils n’y peuvent pas grand-chose!»

La balle est donc surtout dans le camp du vendeur qui doit chercher la petite bête dans les courriels qu’il reçoit. «Car même si ces e-mails ne comportent désormais en général plus aucune faute d’orthographe, relève Valérie Muster, il y a souvent un ou deux détails qui mettent la puce à l’oreille pour qui la cherche.»

POUR EVITER DE SE FAIRE PIEGER

PRUDENCE Pour démasquer un éventuel faux justificatif de paiement, regarder attentivement l’adresse e-mail et le libellé du document fourni. Dans le cas du photographe grugé, c’est l’adresse de l’expéditeur qui ne correspond pas du tout à PayPal. Si quelque chose semble bizarre, vérifier avec l’institut en question, ou sur Internet pour s’assurer qu’un cas semblable n’a pas déjà été signalé, par exemple sur www.hoaxbuster.com. Vérifier aussi le numéro de téléphone ; s’il commence par 004 (non existant), 00225 (Côte d’Ivoire), 00229 (Bénin), ce n’est pas bon signe. En cas de doute, cherchez à quoi correspond un indicatif inhabituel.

EMPRESSEMENT Si l’acheteur demande une expédition urgente, quel qu’en soit le prix, s’il envoie des paiements partiels depuis des comptes différents ou s’il a une autre demande inhabituelle, cela devrait vous alerter.

TROP BEAU Si vous êtes l’acheteur, méfiez-vous des propositions extraordinaires (des objets introuvables ou/et à des prix incroyablement intéressants). Les ordinateurs, les bijoux, les appareils électroniques et les modèles qui ne sont plus vendus en magasin sont particulièrement prisés par les escrocs.

CONTACT Etablissez un contact (par téléphone voire Skype) avec le vendeur. S’il est en voyage, s’il travaille à l’étranger, s’il ne peut pas être joint par téléphone, c’est louche. En règle générale, ne jamais verser d’argent avant de s’assurer que le vendeur possède bel et bien ce qu’il met en vente. Les escrocs aiment bien aussi se cacher derrière des métiers qui inspirent confiance tels que policier, banquier, diplomate, avocat, notaire ou religieux. En cas de doute laisser tomber.

CONFIDENTIALITE Ne pas oublier qu’une banque, un marchand en ligne (comme eBay), ou un organisme de paiement (comme Paypal), ne demande jamais à ses clients de confirmer des mots de passe ou des identifiants en ligne.

Ma.C.

Votre opinion