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Amérique latineGuatemala: la rue mobilisée pour le départ du président

Des manifestants réclamant des ressources contre la pauvreté et les inégalités ont défilé dimanche au Guatemala.

Manifestation à Guatemala City le 22 novembre 2020.

Manifestation à Guatemala City le 22 novembre 2020.

KEYSTONE

Des centaines de Guatémaltèques ont de nouveau manifesté dimanche pour réclamer la démission du président conservateur Alejandro Giammattei, auquel ils reprochent notamment de consacrer trop peu de ressources étatiques à la lutte contre la pauvreté et les inégalités.

«Je préfère mourir en tant que rebelle plutôt que vivre en tant qu’esclave» et «Giammattei, dehors», pouvait-on lire sur des banderoles de manifestants, réunis sur la place centrale, en face de l’ancien siège du gouvernement, dans le centre historique de la capitale, a constaté un photographe de l’AFP.

Les protestataires réclament le départ du président Giammattei, un médecin de 64 ans, au pouvoir depuis janvier, en rejetant le budget 2021.

Pacifique

Les manifestations de dimanche se sont déroulées jusqu’à présent de manière pacifique, au lendemain de l’incendie du siège du Parlement par un groupe de Guatémaltèques protestant contre l’adoption du budget 2021 qui ne prévoit pas d’augmentation des dépenses sociales.

Le chef de l’État a publié dimanche un communiqué appelant au dialogue, tout en assurant que les actions violentes de samedi était le fait de «groupes minoritaires qui cherchent à imposer un véritable coup d’État».

Lors de la manifestation de samedi devant le Parlement, la police avait interpellé près de 40 personnes, dont deux jeunes de moins de 18 ans. Selon les deux hôpitaux publics de la capitale, San Juan de Dios et Roosevelt, près d’une cinquantaine de manifestants avaient été hospitalisés, dont une personne dans un état grave mais stable.

Enquête

Le Congrès, composé pour la plupart de membres du parti au pouvoir et de formations apparentées, a adopté cette semaine un budget pour 2021 de près de 12,8 milliards de dollars, supérieur de 25% à celui de 2020. Cependant, la majorité des fonds sont destinés à des chantiers d’infrastructures confiés au secteur privé et le budget ne prévoit pas d’augmenter les crédits alloués à la santé et à l’éducation, ni à la lutte contre la pauvreté et la malnutrition infantile, qui touche près de la moitié des enfants de moins de cinq ans.

Des Guatémaltèques mécontents dénoncent aussi l’opacité des ressources pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus ou la création d’un poste de super-ministre attribué à un jeune proche du président.

Le vice-président, Guillermo Castillo, qui s’était déjà démarqué du président auparavant et avait réclamé sa démission, a demandé dimanche au ministère public (parquet) d’enquêter sur l’incendie des bureaux du parlement mais aussi sur la répression policière.

(AFP/NXP)

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