Tennis - Guérie du cancer, Carla Suarez veut poursuivre ses rêves
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TennisGuérie du cancer, Carla Suarez veut poursuivre ses rêves

Après neuf mois à lutter contre le cancer, l’Espagnole fera ce mardi son retour à Roland-Garros, son tournoi préféré, pour une dernière apparition en forme de clin d’œil à la vie.

Carla Suarez revient de loin.

Carla Suarez revient de loin.

AFP

Depuis son lit d’hôpital, Carla Suarez n’avait qu’un rêve: guérir pour revenir sur les courts de tennis. Après neuf mois à lutter contre le cancer, l’Espagnole fera ce mardi, son retour à Roland-Garros, son tournoi préféré, pour une dernière apparition en forme de clin d’œil à la vie.

«Le moment que j’attendais tant. Je me suis battue et j’ai travaillé dur pour revenir ici», a tweeté lundi soir l’Espagnole, avant d’ajouter en français: «A demain Paris», accompagné d’un cœur et d’une photo d’elle, tout sourire, à côté du logo du Grand Chelem parisien.

«J’ai tellement hâte d’aller sur le court et de ressentir à nouveau à quel point ce tournoi a toujours été spécial pour moi», avait déclaré il y a une semaine la 118e mondiale sur le site de la Fédération espagnole de tennis, en annonçant sa venue, Porte d’Auteuil.

Une bonne nouvelle aux allures de petit miracle, que personne, à part peut-être Suarez elle-même, n’aurait pu imaginer il y encore quelques mois. Car en septembre, l’ancienne No 6 mondiale annonçait qu’elle était atteinte d’un lymphome de Hodgkin, un cancer du système lymphatique.

«Ma première réaction a été de dire: «Docteur, que dois-je faire pour aller mieux?» Car pour la native de Las Palmas, hors de question de terminer sa carrière depuis un lit d’hôpital. «Je voulais pouvoir dire adieu au tennis en étant sur le court.»

Renaissance

Car 2020 était initialement l’année que Suarez avait choisie pour prendre sa retraite. Ce sera finalement celle d’un long combat où elle aura mis toutes ses forces. Pour vaincre la maladie, mais aussi revenir sur le circuit.

Cela lui aura pris neuf mois. Le temps d’une renaissance. Neuf mois pendant lesquels elle s’est soumise à de lourds traitements – quatre mois de chimiothérapie, suivis de 15 séances de rayons – tout en essayant de continuer à se maintenir en forme.

Sur son compte Instagram, entre deux messages relatant le rude quotidien de la maladie, elle apparaissait parfois faisant de la musculation ou sur un court. Jusqu’à ce cliché du 27 avril, où on la voit, le poing levé, portant un tee-shirt «Stronger than cancer» («Plus forte que le cancer»), avec ce message en lettres capitales «ESTOY CURADA!» («JE SUIS GUÉRIE»). Avec sur les lèvres le large sourire qui l’a toujours caractérisée.


Ce qui lui a permis de tenir durant les moments les plus difficiles? Sa nature optimiste et guerrière, mais aussi tout le soutien qu’elle a reçu du monde sportif – Rafael Nadal, Novak Djokovic, Garbiñe Muguruza, le pilote de Formule 1 Carlos Sainz Jr, les joueurs du Barça – et bien au-delà. «Cela m’a apporté beaucoup de force et d’énergie.»

Boucler la boucle

Dès avril, Suarez réapparaissait au tournoi de Madrid pour frapper quelques balles à l’entraînement, avant d’annoncer son retour à la compétition sur la terre battue parisienne, dans un tournoi cher à son cœur.

C’est là qu’il y a treize ans, elle et son célèbre revers à une main se sont fait connaître un jour de mai 2008, où âgée de 19 ans et sortie des qualifications, elle avait éliminé Amélie Mauresmo. Là aussi qu’elle a réalisé certains de ses meilleurs résultats en Grand Chelem (deux quarts de finale en 2008 et 2014). Et là enfin, où elle retrouvera le tennis, quinze mois après son dernier match à Doha en février 2020.

Ainsi, la boucle sera bouclée. Car ce douzième Roland-Garros sera bien son dernier. Quoi qu’il arrive. «Ce sera ma dernière année sur le circuit, confirme-t-elle. Après ce qui m’est arrivé, je veux essayer de prendre ma retraite sur les courts de tennis des tournois que j’aime le plus.»

L’Espagnole aborde donc sans pression son premier tour face à l’Américaine Sloane Stephens (en début d’après-midi). A la veille de son match, ne boudant pas son plaisir d’être de nouveau à Paris, elle est même venue assister en spectatrice, au match d’un autre revenant, Porte d’Auteuil: le Suisse Roger Federer.

La maladie «m’aura appris à davantage apprécier chaque moment que je vis. Je veux profiter encore plus qu’avant, car maintenant, j’ai conscience qu’on ne sait jamais de quoi demain sera fait.»
L’Espagnole garde quand même quelques derniers rêves en tête: Wimbledon, les Jeux olympiques, avant de tirer sa révérence à l’US Open. De la manière dont elle l’aura choisi et pas autrement.

(AFP)

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