Football: Guillaume Faivre: «J'ai besoin de changer d'air»
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FootballGuillaume Faivre: «J'ai besoin de changer d'air»

Après huit ans passés dans l'Oberland, le gardien du FC Thoune s'apprête à passer la main. A 33 ans, le Neuchâtelois entend au préalable réussir l'opération maintien.

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Sport-Center
Après huit ans de bons et loyaux services à Thoune, Guillaume Faivre s'apprête à quitter le club oberlandais. Mais avant, le portier neuchâtelois entend encore sauver l'actuelle lanterne rouge de Super League.

Après huit ans de bons et loyaux services à Thoune, Guillaume Faivre s'apprête à quitter le club oberlandais. Mais avant, le portier neuchâtelois entend encore sauver l'actuelle lanterne rouge de Super League.

Keystone

Il est ce que l'on appelle un «clubiste», une espèce rare en voie de disparition. Guillaume Faivre est fidèle au FC Thoune depuis le 1er juillet 2012, ce qui en fait un monument avec 255 matches au compteur. Mais à 33 ans, le gardien neuchâtelois de la Stockhorn Arena s'apprête à tourner la page à l'issue du présent championnat. Il s'en explique.

Guillaume Faivre, vous appartenez à ces dizaines de joueurs (ndlr: ils sont précisément 77 en Super League) dont le contrat va s'achever au 30 juin. Et ensuite?

J'ai prolongé d'un mois, soit jusqu'à la fin du championnat. Pour le FC Thoune, il reste un dernier beau challenge à remporter, celui du maintien. On a tout en mains pour y parvenir. Après, me concernant, on verra.

On verra quoi?

Pour moi, c'est sans doute le moment de voir autre chose, dans un nouvel environnement, de tourner la page. J'ai besoin de changer d'air. Il est peut-être aussi temps de laisser la place aux plus jeunes. Je serai éternellement reconnaissant au FC Thoune pour tout ce qu'il m'a permis de vivre durant ces huit dernières années et de m'avoir fait confiance aussi longtemps.

Et cette fameuse suite, vous l'imaginez comment?

Toutes les portes sont encore ouvertes. Je me sens prêt à m'investir pour un nouveau défi. Dans mon corps, je suis toujours fit, je peux encore servir! (Rires) Ce serait dommage de tout arrêter d'un jour à l'autre et de ne pas mettre à profit mon expérience, notamment auprès des plus jeunes. Il y a aussi la possibilité d'une reconversion, même si ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour l'envisager, en raison des conséquences économiques de la crise du Covid-19. Mais avant tout cela, il y a un maintien à aller chercher.

Tout va se jouer en très peu de temps, avec 13 matches répartis sur six semaines anglaises consécutives…

Idéalement, il faudra partir juste et maintenir le rythme afin d'enchaîner les matches. On n'aura pas tellement le temps de cogiter entre deux rencontres, ce qui est peut-être une bonne chose. Souvent, on se lance dans des analyses, des réflexions parfois lourdes, qui peuvent surtout puiser de l'énergie. Dans le marathon des matches qui s'annonce, ce ne sera cette fois pas le cas.

Avant la suspension du championnat le 23 février, Thoune avait enchaîné une remarquable série (5 matches/10 points) qui avait plongé ses concurrents directs dans la gonfle. Ne redoutez-vous pas que cette belle dynamique ne soit aujourd'hui retombée?

Depuis le début de cette semaine, cet élan est revenu à l'entraînement. Dans cette bataille, l'état d'esprit sera déterminant, il importera d'être conquérant, comme on l'a été en début d'année, avec l'envie d'agir sur les événements. Notre premier rendez-vous contre Xamax sera décisif, sans être capital. En cas de défaite à Neuchâtel, on ne sera pas condamné. Et en cas de victoire, on ne sera pas sauvé non plus.

En quoi la systématisation des huis clos peut-elle changer la donne? Privé de l'apport du public, souvent présenté comme le 12e homme, où aller chercher les ressources nécessaires?

On va découvrir d'autres forces, avec des rôles qui pourraient être redéfinis. De nouvelles dynamiques vont voir le jour. Je pense qu'il y aura un peu moins de shows inutiles, notamment avec les arbitres. On va davantage se focaliser sur le ballon et l'aspect du jeu. Ce sera 11 contre 11, et c'est tout. Oui, je pense qu'il y aura plus de jeu et moins de show.

Et vos supporters?

Ils sont bien sûr importants et ils vont nous manquer. Avec ce retour au jeu, ils sont davantage impactés que les footballeurs eux-mêmes. Les sportifs sauront s'adapter à ce contexte particulier. Je suis convaincu que chacun découvrira de nouvelles ressources en soi pour combler l'absence des fans.

D'un point de vue personnel, comment avez-vous vécu cette longue pause forcée?

Quelque part, elle m'a fait du bien. J'ai pu davantage profiter de ma famille, de mes deux filles. Alors que mon épouse travaillait, j'étais à la maison avec elles. Lorsque le temps fait mine de s'arrêter, on découvre une autre manière de l'habiter. Mais après deux mois de confinement, l'absence d'échéances a commencé à se faire sentir. Pour un sportif, il est important d'avoir des buts devant soi. Et c'est justement ce que l'on a retrouvé depuis quelques temps. Cela nous manquait.

Propos recueillis par Nicolas Jacquier

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