09.12.2019 à 17:49

CensureGuy Parmelin a la conscience claire comme de l'eau

Attaqué par plusieurs parlementaires pour avoir tenté de faire obstruction à la publication d'une fiche sur les pesticides dans les eaux, le Vaudois dément avoir voulu interdire quoi que ce soit.

von
lematin.ch
Certains socialistes exigent même des excuses de Guy Parmelin au monde scientifique... «Que ce soit du Conseil fédéral ou de ma part, il n'y a pas eu d'interdiction de publication», martèle pourtant le conseiller fédéral.

Certains socialistes exigent même des excuses de Guy Parmelin au monde scientifique... «Que ce soit du Conseil fédéral ou de ma part, il n'y a pas eu d'interdiction de publication», martèle pourtant le conseiller fédéral.

Keystone

Le 11 novembre dernier, le quotidien «Blick» révélait que le conseiller fédéral Guy Parmelin, en charge notamment de l'agriculture, serait intervenu auprès de l'Eawag, l’Institut fédéral suisse des sciences et technologies aquatiques. Son objectif était d'empêcher la publication sur le site de l'institut d'une «fiche technique» évoquant la nécessité urgente d'agir pour lutter contre les pesticides.

Indépendance et neutralité

Pour le quotidien alémanique, le ministre serait intervenu auprès de cet institut dans le but de ne pas amener de l'eau au moulin des partisans des initiatives qui veulent réduire drastiquement l'usage des pesticides en Suisse. Guy Parmelin avait alors démenti cette vision des faits, évoquant une rencontre avec les dirigeants d'Eawag et des EPF: «Notre but commun est clair. Nous voulons d'un côté garantir l'indépendance de la recherche scientifique, de l'autre assurer sa neutralité politique».

Socialistes au front

Mais cette réponse n'a pas suffi à calmer le jeu. Ce lundi, à l'heure des questions, plusieurs parlementaires socialistes alémaniques – Claudia Friedl (PS/SG), Martina Munz (PS/SH), Prisca Birrer-Hemo (PS/LU) et Beat Jans (PS/BS) – ont reproché à Guy Parmelin son ingérence chez les scientifiques et même exigé, pour l'une, qu'il présente «ses excuses publiques à la communauté scientifique pour avoir tenté d'influencer des éléments scientifiquement fondés...»

Conseil fédéral pas concerné

Devant le Conseil national, Guy Parmelin a répété: «J'ai clairement rejeté les accusations de la presse qui laissaient entendre que j'aurais critiqué ou censuré une étude de l'Eawag. Le Conseil fédéral ne s'est jamais exprimé sur cette thématique. Il ne lui appartient pas par ailleurs de décider de la publication ou non d'un document établi par les EPF à l'intention des parlementaires.»

Pas d'interdiction de publication

Et d'ajouter: «La publication de cette feuille relève de la compétence des écoles polytechniques fédérales. La question de la publication et de son autorisation a été discutée dans les commissions. Mais que ce soit du Conseil fédéral ou de ma part, il n'y a pas eu d'interdiction de publication. Maintenant, cette feuille a été donnée dans le cadre des travaux des commissions. C'est à elles de décider si elles en autorisent la publication».

Eric Felley

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