14.07.2017 à 07:00

Succession BurkhalterGuy Parmelin fait de l'ombre à Ignazio Cassis

Le Tessinois a remplacé Guy Parmelin à la tête d'une commission du Conseil national. La différence de style entre les deux hommes est criante.

par
Pascal Schmuck, Zurich
Ignazio Cassis (à gauche) espère suivre le même chemin que Guy Parmelin: se faire élire au Conseil fédéral en utilisant le crédit gagné à la tête de la CSSS du Conseil national.

Ignazio Cassis (à gauche) espère suivre le même chemin que Guy Parmelin: se faire élire au Conseil fédéral en utilisant le crédit gagné à la tête de la CSSS du Conseil national.

Keystone

La voie semble toute tracée pour Ignazio Cassis, le chef du groupe PLR aux chambres, après son adoubement comme seul candidat de la section tessinoise pour la succession de Didier Burkhalter.

Mais il lui faudra encore convaincre les parlementaires, qui ne peuvent s'empêcher de dresser un parallèle avec Guy Parmelin. En effet, le Tessinois a remplacé le Vaudois à la tête de la Commission de la Sécurité Sociale et de la Santé publique (CSSS) du Conseil national. Et il ne s'y est pas fait que des amis, comme le résume le Tages-Anzeiger dans son édition du 14 juillet 2017.

Il ne fait pas l'unanimité

Le poste est prestigieux car la CSSS regroupe les poids lourds des partis qui y envoient leurs meilleurs éléments. A ce poste, Guy Parmelin a su s'attirer les louanges de toutes les formations. Il s'est forgé la stature d'un homme d'état «compétent, efficace, sachant diriger tout en étant juste et au-dessus de la mêlée des partis avec une capacité de décision pour les gros dossiers».

Le vice-président Ignazio Cassis lui a logiquement succédé lors de l'élection du Vaudois au Conseil fédéral en décembre 2015. Mais un peu moins de deux ans plus tard, le Tessinois ne fait pas l'unanimité à ce poste qui aurait pu lui servir de tremplin pour le pouvoir suprême.

Mélange des genres critiqué

Des élus lui reprochent son incapacité à incarner un rôle de modérateur à la tête de la CSSS. Le fait qu'il ait soumis lui-même en commission une motion de Curaviva, l'Association des homes et institutions sociales suisses, a provoqué le malaise, puisque le président de Curaviva n'est autre qu'Ignazio Cassis. Il l'a retirée lorsque Ruth Humbel (PDC/AG) a soumis une motion identique sur le financement des homes.

Aux yeux de ses adversaires, cet épisode illustre l'incapacité du Tessinois à assurer l'étanchéité entre ses différents mandats. Ils lui reprochent également de polariser la commission en essayant de limiter le temps de parole. En outre, le président ne se montre que peu avant le début des sessions de la commission. Un des membres l'a souvent considéré comme mal préparé, devant souvent s'excuser pour ses erreurs.

Ignazio se défend

Les députés évoquent également un incident lors d'une réunion de conciliation avec la commission sœur du Conseil des Etats. Ignazio Cassis aurait dû prendre place aux côtés de Konrad Graber (PDC/LU) qui dirige la commission aux Etats et menait les débats lors de cette réunion. Le Tessinois a refusé, préférant s'asseoir parmi les autres PLR, joignant sa voix aux grognements et autres signes de mauvaise humeur.

Le candidat du PLR se défend, expliquant que les services du parlement n'ont rien trouvé à redire à son comportement. Il n'a jamais été critiqué durant les débats et il a toujours représenté de façon cohérente la position de la CSSS du Conseil national. Il est en outre parvenu «malgré une situation initiale difficile et un rythme soutenu» à mener «à bon port» les travaux de la commission.

Pas sûr toutefois que son travail à la tête de la Commission lui amène beaucoup de voix lors de l'élection. Il peut toujours espérer sur de bons retours d'appréciation comme Guy Parmelin en avait profité avant son élection. Le Vaudois avait été loué pour sa «direction des sessions mais aussi pour la clarté de sa pensée, la gestion des situations compliquées et sa neutralité tant à droite qu'à gauche». Un éloge tressé à l'époque par un certain... Ignazio Cassis.

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