Actualisé 12.11.2019 à 09:38

Guy Parmelin, la «neutralité politique» n'existe pas

Humeur

En rappelant à l'ordre les chercheurs qui analysent nos eaux, le conseiller fédéral fait une crise d’autorité. Pas sûr que cela mette en confiance l’opinion.

par
LeMatin.ch
Le conseiller fédéral semble se méfier des scientifiques qui pourraient donner des arguments en faveur de l'interdiction des pesticides.

Le conseiller fédéral semble se méfier des scientifiques qui pourraient donner des arguments en faveur de l'interdiction des pesticides.

Keystone

Dans la polémique qui se dessine sur la pollution des eaux en Suisse par les pesticides (visées par deux initiatives populaires), Guy Parmelin défend deux principes : l’indépendance des scientifiques dans leurs recherches, mais également la «neutralité politique» de leurs publications.

De prime abord, les conclusions scientifiques en matière de pollution des eaux peuvent difficilement être neutres politiquement. Si les multiples mesures effectuées montrent un niveau élevé de pesticides et de nitrates, ce constat a d'évidentes conséquences politiques, qui touchent en premier lieu le monde agricole.

«Il faut agir!»

Cela dit, on comprend ce qui pose problème au conseiller fédéral. Les scientifiques doivent établir les faits par des mesures. Les chercheurs de l’Eawag, qui surveillent les eaux de ce pays, font leur travail et publient leurs résultats. Bien, mais ils n’auraient pas le droit de titrer leurs fiches d'informations par «Il faut agir!», car cette injonction relèverait déjà du politique.

C'est une question d'autorité qui se joue ici. Qui décide de la publication de quoi, à quel moment et sur quel ton? Comme son parti, l’UDC, qui ne supporte pas les rapports alarmistes sur le climat, Guy Parmelin se méfie des milieux scientifiques institutionnels, dont il exige une certaine soumission, qu'il appelle «neutralité». Mais cela n'abuse personne. Si nous avions la meilleure eau du monde, les chercheurs pourraient le clamer haut et fort.

La chèvre et le chou

Pour le public, finalement, c'est une question de confiance. Et dans le cas présent, cette confiance semble pencher plutôt en faveur des scientifiques que des politiques qui doivent ménager la chèvre et le chou pas toujours biologique.

De plus, quand les chercheurs de l’Eawag disent qu’il faut agir, ils ne disent pas pour autant qu'il faut voter pour les deux initiatives. Il y a peut-être d’autres solutions moins radicales, plus pragmatiques. Mais il faut agir quand même...

Éric Felley

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