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GenèveHamas à l'Uni : le malaise de Carlo Sommaruga

Le porte-parole du parti islamiste Musheer Al Masri n'est pas venu les mains vides à la conférence qui a eu lieu mercredi à l'Uni-Mail. Son cadeau a mis le conseiller national socialiste Carlo Sommaruga dans une situation très inconfortable.

par
Pomey Raphaël
L'élu socialiste a expliqué à Musheer Al Masri la raison pour laquelle il n'a pas voulu porter le vêtement, à l'issue de la conférence.

L'élu socialiste a expliqué à Musheer Al Masri la raison pour laquelle il n'a pas voulu porter le vêtement, à l'issue de la conférence.

Pomey

Scène assez cocasse hier, au terme de la conférence organisée à l'uni de Genève au sujet de la guerre de Gaza de 2008-2009. Invité star – et controversé – de l'événement, le porte-parole du Hamas Musheer Al Masri s'est levé peu avant l'heure des questions du public pour une distribution de cadeau qui a créé un malaise chez l'un des invités, le parlementaire Carlo Sommaruga. Au même titre que les autres intervenants, le socialiste était invité à recevoir des mains du Palestinien une écharpe aux couleurs de la résistance palestinienne.

Problème, Musheer Al Masri, qui représente une force considérée comme terroriste par l'Union Européenne, n'entendait pas simplement l'offrir à l'élu socialiste, mais aussi la lui passer autour du cou, comme à chaque invité. «Un cadeau protocolaire», selon Carlo Sommaruga, mais qui l'a mis dans une situation délicate. Car à la différence des autres participants au débat, le conseiller national ne s'est pas laissé «adouber» par le représentant du Hamas, un peu comme les Occidentaux qui reçoivent ce même cadeau de la part du Dalaï Lama. Il a préféré s'emparer du vêtement, qu'il a ensuite tenu à la main durant le reste de la soirée. «Il a voulu me la mettre sur les épaules, mais j'ai refusé, raconte Carlo Sommaruga. Il y a eu un mouvement de surprise dans la salle.» Malgré la mise en scène inattendue avec laquelle il a dû composer, il ne pense pas s'être fait «piéger» par le représentant du Hamas: «C'est un geste courant au Proche-Orient, mais dont je savais qu'il serait interprété différemment ici. Je l'ai accepté par correction, mais sans que cela n'ait une autre signification.»

‹La datte sur le loukoum!›

L'anecdote ravit le député PLR Pierre Weiss, président de la section Genève de l'association Suisse-Israël et responsable d'une manifestation qui dénonçait la présence du Hamas à l'uni. «L'écharpe, c'est la datte sur le loukoum! Mais la vraie faute politique reste de s'être affiché au côté du représentant d'un mouvement qui a du sang sur les mains.» Il juge incompréhensible qu'en tant que membre du parti socialiste, son adversaire politique s'acoquine avec un parti qui ne «cherche pas la paix» et «nie l'égalité homme-femme».

A noter que Carlo Sommaruga avait appelé toutes les forces en place au Proche-Orient, y compris le Hamas, à plus de démocratie et de respect dans la recherche de la paix, au cours de son discours.

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