Automobilisme: Hamilton décrit une course «horrible»
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AutomobilismeHamilton décrit une course «horrible»

Si le septuple champion du monde s’est à nouveau imposé au premier Grand Prix de la saison, sa victoire n’a pas été de tout repos. Il raconte des derniers tours très tendus.

par
Luc Domenjoz

La plus difficile depuis longtemps

Lewis Hamilton l’a reconnu: à Bahreïn, sa fin de course a été horrible.

Lewis Hamilton l’a reconnu: à Bahreïn, sa fin de course a été horrible.

AFP

Lewis Hamilton dut se remettre de ses émotions avant d’expliquer comment il avait vécu sa 96e victoire.

Pour passer devant Max Verstappen, qui était parti en tête de la course, l’écurie Mercedes avait choisi de changer très tôt les pneus de son champion du monde. Mais du coup, en fin de course, Lewis Hamilton s’est retrouvé en piste avec des pneus bien plus usés que ceux qui ont été chaussés à la Red Bull de son adversaire.

Celui-ci a fondu sur la Mercedes de tête en une dizaine de tours, avant de la passer à trois tours de l’arrivée - puis de rendre cette première place pour l’avoir acquise en passant en dehors de la piste. Le règlement précise que si un pilote gagne un avantage «durable» en sortant les quatre roues de la ligne blanche, cet avantage doit être rendu.

Mais une fois la première place rendue à Lewis Hamilton, Max Verstappen a maintenu sa pression au fil des tout derniers tours. «Cette fin de course, c’était horrible!, raconta Sir Lewis après le podium. C’était la plus difficile depuis des années. Je devais me battre avec la voiture, je n’avais plus aucune adhérence à l’arrière, mes pneus étaient morts. Quand Max a repris la piste, je savais qu’il allait me rattraper, et je me disais qu’il serait presque impossible de le garder derrière moi.»

Effectivement, le Britannique n’a pas pu empêcher le Néerlandais de le passer, avant qu’il ne lui la rende. «Ensuite, j’ai réussi à maintenir Max juste derrière. Il était collé à ma voiture, mais je voyais qu’il avait du mal à suivre de trop près, il partait parfois en travers.»

Malgré la pression des derniers kilomètres, Lewis Hamilton affirme avoir adoré cette course. «J’ai aimé chaque minute de ce week-end. Dans l’équipe, nous sommes conscients que nous ne sommes pas les plus rapides, que les Red Bull ont fait un meilleur boulot cet hiver. Remporter la course dans ces conditions, c’est un vrai succès.»

Après sa victoire, le Britannique pouvait se relaxer un peu. La tension, derrière son volant, avait été énorme au cours des derniers kilomètres. «Bono me disait combien de tours il restait, poursuit-il (ndlr: il parle de Peter Bonnington, son ingénieur de course). Il me disait «trois tours, deux tours…» Il m’a dit que Max était juste derrière moi. Je me suis énervé, je lui ai répondu «Je sais compter», et puis «Laisse-moi faire»… Bono était très nerveux, je dois lui dire merci pour se montrer aussi patient avec moi. Bon, le dernier tour a été terrible. Arrivé au virage 4, je me suis dit que c’était gagné. Et j’ai surviré au virage 10, puis j’ai glissé au 11, et encore un survirage au 13, juste avant la ligne droite. Là, je me suis dit «c’est fichu, il va me passer», mais je crois que Max a eu le même problème. Et c’était gagné!»

Wolff et Horner n’ont pas les mêmes lectures

Le dépassement de Max Verstappen sur Lewis Hamilton, en débordant sur la zone hors-piste au virage 4, a donc été annulé par Michael Masi, le directeur de course. Après la course, Toto Wolff, le patron de Mercedes, a déclaré que les règles dictant les zones hors-piste ne devraient pas ressembler à des «romans de Shakespeare». Christian Horner, le directeur de l’écurie Red Bull, a pour sa part demandé que le règlement à ce sujet ne soit pas des «nuances de gris». Visiblement, tous deux n’ont pas les mêmes références littéraires.

Toto Wolff.

Toto Wolff.

AFP

Le vendredi, au cours de la traditionnelle réunion des pilotes, Michael Masi a été clair: il avait l’intention d’annuler tous les chronos de qualification réalisés en débordant le virage 4. Mais en course, il était d’accord qu’on déborde de la ligne, sauf pour doubler.

Du coup, tout au long de la course, les deux Mercedes ont systématiquement débordé la ligne blanche à cet endroit. Au point que Michael Masi a fini par donner un avertissement à Lewis Hamilton - le menaçant d’une pénalité s’il continuait, provoquant la surprise de l’équipe Mercedes puisqu’il était convenu que ce serait autorisé.

Christian Horner.

Christian Horner.

AFP

Christian Horner, chez Red Bull, n’était pas content non plus: «Pendant toute la course, les Mercedes ont gagné environ deux dixièmes au tour en débordant ce virage 4. Quand on est lancé dans une course-poursuite, ça compte. Les règles devraient être plus claires.»

Par contre, même s’il était déçu que Max Verstappen ait dû rendre la première place à Lewis Hamilton, le patron de Red Bull jugeait cette décision justifiée.

À LIRE: l’article sur le Grand Prix de Bahreïn

Alonso abandonne à cause d’un sandwich

Après deux ans d’absence, Fernando Alonso était de retour en piste le week-end dernier sur son Alpine A521 (le nouveau nom de l’écurie Renault). Après un bon départ, l’Espagnol se battait dans le milieu du peloton et s’apprêtait à marquer ses premiers points de la saison lorsqu’il dut abandonner sur problèmes de freins.

L’Alpine de Fernando Alonso n’a pas vu l’arrivée.

L’Alpine de Fernando Alonso n’a pas vu l’arrivée.

AFP

Une fois sa voiture démontée, ses mécaniciens s’aperçurent que le problème avait été causé par… un emballage de sandwich qui s’était coincé dans une écope de freins arrière, causant une surchauffe endommageant le système et contraignant l’écurie à demander à son pilote d’abandonner.

Un abandon très malchanceux, mais qui ne tempère pas l’enthousiasme du double champion du monde. «C’était génial d’être de retour en Formule 1, déclare-t-il. Le départ était sympa, j’ai doublé quelques adversaires, et ensuite j’ai eu quelques duels avec d’anciens collègues (ndlr: dont Sebastian Vettel et Kimi Räikkönen), je me suis bien amusé. Bon, c’est dommage de ne pas être arrivé jusqu’au drapeau à damiers, mais je pense que la saison sera intéressante à suivre. Dans le milieu du peloton, quelques dixièmes de seconde semblent faire une grosse différence…»

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