25.01.2019 à 15:55

Ski alpinHansi Hinterseer, à la rencontre de la légende de Kitzbühel

Le flamboyant autrichien, champion de slalom reconverti dans la chanson, est l’âme (presque) indémodable de Kitzbühel. Notre envoyé spécial l'avait rencontré en 2017.

par
Florian Müller
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Hansi Hinterseer sait se faire remarquer avec ses combinaisons de ski délicieusement flamboyantes.

Hansi Hinterseer sait se faire remarquer avec ses combinaisons de ski délicieusement flamboyantes.

Keystone
Parfois, la fourrure de ses vestes va jusqu'à se confondre avec sa chevelure.

Parfois, la fourrure de ses vestes va jusqu'à se confondre avec sa chevelure.

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Hansi Hinterseer est une star du Schlager, avec des disques d'or à la pelle.

Hansi Hinterseer est une star du Schlager, avec des disques d'or à la pelle.

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C’est un sourire «colgate» dont on aperçoit les premières lueurs une bonne dizaine de kilomètres à la ronde. Associé à une combinaison intégrale blanche, surpiquée de strass et doublée d’une fourrure solaire, la panoplie attire la lumière comme elle la reflète.

Attention les yeux: derrière ce nouveau Roi-Soleil, plus qu’un homme, une légende. Attention les oreilles: Hansi Hinterseer, vedette du schlager et tombeur du troisième âge, est une curiosité folklorique du cirque blanc.

Slalomeur ascendant crooner, le teint buriné au solarium, l’Autrichien est l’âme du Hahnenkamm et le général en chef de l’après-ski. Au pied de la Streif, il fait partie des meubles. Un peu comme ce buffet un poil ringard – certes – hérité de grand-maman, mais qui trône on ne sait trop pourquoi au milieu du salon: déjà désuet, pas encore vintage.

Lorsqu’il mit un point final à sa carrière de skieur, par une triste après-midi de mars 1974, Hansi Hinterseer pensait sans doute que le temps de la renommée était derrière lui. Que jamais, du haut de ses six victoires en Coupe du monde, sa crinière dorée n’allait regoûter à la chaleur des feux de la rampe.

C’est d’abord en tant que consultant pour la chaîne autrichienne ORF qu’il officie, avant de voir enfin la lumière. En 1994, toujours beau gosse, la révélation s’appelle «Musikantenstadl», émission – humoristique? – bien connue de par chez nous pour avoir été reprise en chœur par le service public.

Quelques notes de son premier tube («Du hast mich heute noch nicht geküsst») suffisent à le propulser en haut de l’affiche. «Des producteurs m’avaient dit que ce serait bien qu’un sportif devienne chanteur, confie-t-il. On m’a donné ma chance. J’ai fait une chanson et ensuite tout a explosé.»

S’ensuivront des disques d’or à la pelle, aux quatre coins de l’Europe. «C’est toujours un sentiment fascinant que de pouvoir, grâce à la musique, entraîner une foule de gens dans un tourbillon d’émotions. De ce point de vue là, chacune de mes apparitions sur scène me remplit d’une joie extraordinaire.»

Il ne se passe pas une année sans que Hansi Hinterseer organise une randonnée avec ses fans. Pas moins de dix mille personnes sont fidèles au rendez-vous. Ensemble, ils gravissent des sommets et entonnent ses plus grands tubes. «Le public m’accepte comme je suis, c’est très précieux, relance la star du coin. Moi, ce que j’aime, c’est divertir les gens, les faire rêver.»

Droit dans ses Moonboots en fourrure, il s’improvise aussi volontiers acteur, flattant les répliques de téléfilms à l’eau de rose de son charme alpestre. Mais c’est durant les courses du Hahnenkamm que Hinterseer prend, l’espace d’un week-end festif, l’entier de sa dimension universelle: un habit de lumière sur le dos d’une légende vivante.

Mini bio

1954 Naissance à Kitzbühel. Il est le fils d’Ernst Hinterseer, médaillé d’or en slalom lors des JO de Squaw Valley 1960.

1972 Début en Coupe du monde. Six victoires à la clé, ainsi qu’une médaille d’argent en slalom géant aux Mondiaux de Saint-Moritz en 1974.

1994 Sa carrière de chanteur explose. À la clé, 34 disques d’or et 12 de platine, en Autriche, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas et au Danemark.

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