Suisse: «Harcèlement» est le mot romand de l'année

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Suisse«Harcèlement» est le mot romand de l'année

Le projet «Mot suisse de l'année» a révélé les six mots qui ont marqué l'année 2017.

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Communiqué
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Le projet «Mot suisse de l'année» a été mené par le Département de linguistique appliquée de la ZHAW.

Le projet «Mot suisse de l'année» a été mené par le Département de linguistique appliquée de la ZHAW.

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Les deux jurys, romand et alémanique, chargés de choisir les mots de l'année, se composaient de différents spécialistes de la langue et de la communication, issus aussi bien de la recherche que de la pratique.

Les deux jurys, romand et alémanique, chargés de choisir les mots de l'année, se composaient de différents spécialistes de la langue et de la communication, issus aussi bien de la recherche que de la pratique.

Manuel Bauer

Le projet «Mot suisse de l'année», qui existe depuis 2003 en Suisse alémanique, s'étend cette année à la Romandie.

Ainsi, le mot français qui a marqué 2017 est «harcèlement». Il est suivi de «congé paternité» et d'«influenceur/influenceuse».

«Harcèlement»

Sans conteste c'est mot qui a marqué le plus les esprits tout au long de 2017. Harcèlement de rue ou de producteurs hollywoodiens, harcèlement moral et cyber-mobbing. L'omniprésence de ce terme porte à la fois le terrible constat de jeux de pouvoir insidieux et la force libératrice de la parole. Mettre enfin un mot sur des situations où la société était, jusqu'ici, restée silencieuse.

«Congé paternité»

Le terme n'est pas nouveau, le débat non plus. Pourtant, le congé paternité a fait couler beaucoup d'encre en 2017. L'initiative lancée en 2016 et les vives réactions face à son rejet par le Conseil fédéral laissaient déjà entrevoir cette évolution des mentalités. Nul doute alors que si ce terme revient encore cette année, inlassablement sur le devant de la scène, c'est qu'il contribue lentement mais sûrement à redessiner la représentation traditionnelle du modèle familial suisse.

«Influenceur/influenceuse»

Il y avait les youtubeurs et autres blogueuses, l'heure est désormais aux influenceurs et influenceuses. Si le concept n'est pas nouveau, le glissement terminologique n'est pas anodin. Il traduit la prise de conscience et de recul face à la nature jusqu'ici allègrement ignorée du rôle de ces célébrités du web. Il s'agit aussi (et surtout) d'une nouvelle technique de placement de produits, ce qui soulève bon nombre d'interrogations.

Côté alémanique, le palmarès se compose de «#metoo», suivi de «weglachen» et d'«influencer».

Choix des mots

Il existe une autre nouveauté cette année. Le choix des mots s'appuie désormais sur une démarche scientifique, menée par une équipe de linguistes de l'Université des sciences appliquées de Zurich (ZHAW), tout en conservant une dimension interactive.

Le processus d'élection comporte trois étapes. Tout d'abord, les chercheurs de la ZHAW ont analysé le corpus Swiss-AL, la plus grande base de données textuelles de Suisse. Le but? Extraire les 20 termes le plus fréquemment utilisés en 2017.

Cette liste, complétée par les propositions des internautes, a ensuite constitué la base des délibérations d'un jury d'experts pour désigner les trois termes les plus caractéristiques de 2017.

Enfin, une équipe de linguistes a retracé l'évolution de ces mots en Suisse au cours des derniers mois afin, notamment, de mettre en lumière les réalités sociales dont ils témoignent.

Par ailleurs, les autres langues officielles du pays, l'italien et le romanche, viendront s'ajouter respectivement en 2018 et 2019.

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