Lausanne - Harcèlement, insultes, drogue: le Béjart Ballet est dans la tourmente
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LausanneHarcèlement, insultes, drogue: le Béjart Ballet est dans la tourmente

Après la révélation de comportements inappropriés au sein de l’école Rudra Béjart et l’annonce d’un audit, des membres, ou anciens, de la compagnie dénoncent eux aussi un climat malsain.

Des révélations de harcèlement et de dysfonctionnements jettent une ombre sur la célèbre compagnie de danse Béjart Ballet.

Des révélations de harcèlement et de dysfonctionnements jettent une ombre sur la célèbre compagnie de danse Béjart Ballet.

Archives / 24 heures / Patrick Martin

Fin mai, on apprenait que de «graves manquements» constatés au sein de l’école Rudra Béjart, fondée par Maurice Béjart, avaient entraîné la suspension des cours et le renvoi du directeur et de la régisseuse. La RTS avait récolté les témoignages de plusieurs élèves qui évoquaient des faits de maltraitance psychologique, de tyrannie et de surentraînement. Vendredi, le conseil de fondation du Béjart Ballet, qui chapeaute également l’école, annonçait pour sa part avoir mandaté une société spécialisée pour mener un audit général sur les faits dénoncés. Mais cette affaire a fait surgir de nouvelles révélations, émanant cette fois de danseurs de la compagnie Béjart Ballet. Un collectif d’anciens collaborateurs a ainsi adressé une lettre au conseil de fondation, révèlent la RTS ainsi que «24 heures».

Ils y parlent de népotisme de la part du directeur artistique, Gil Roman, qui a notamment engagé sa sœur, son épouse, son fils et sa fille à divers postes, sans que ceux-ci aient forcément les compétences requises. La circulation quasi institutionnalisée de drogue parmi les danseurs, les pressions psychologiques, menaces et insultes sont aussi évoquées. Des cas de harcèlement sexuel ont été rapportés. Outre le conseil de fondation, le Syndicat suisse romand du spectacle a également été alerté. Interrogée lundi soir dans l’émission «Forum», sur La Première de la RTS, sa secrétaire générale, Anne Papilloud a affirmé avoir aussi reçu des témoignages de danseurs actuellement employés par la compagnie et que leurs propos concordent avec ceux d’anciens, dont certains sont toujours traumatisés par ce qu’ils ont vécu, bien des années après. Le syndicat a ainsi réclamé que l’audit soit ouvert aux danseurs qui sont partis, ou qui ont été limogés, afin de démontrer l’étendue et la constance dans le temps des faits reprochés.

Compagnie valaisanne aussi épinglée

En janvier, on apprenait qu’une autre troupe était mise en cause pour des faits peu reluisants qui duraient depuis des années. Des membres de la compagnie de danse Interface accusaient le fondateur de dysfonctionnements s’apparentant à des dérives sectaires: manipulations psychologiques, harcèlement, exploitation financière ou encore abus sexuels. La Ville de Sion avait immédiatement gelé ses subventions à cet organisme tandis que le Canton du Valais avait annoncé étudier la situation.

(jfz)

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