Publié

InternetHaro des artistes sur la vente de billets au marché noir

Une vingtaine d'artistes français, dont Zaz, Yannick Noah ou Christophe Maé, s'élèvent contre les reventes de billets de concerts au marché noir sur internet.

Yannick Noah compte parmi la vingtaine d'artistes qui s'insurgent contre la revente de billets à un prix exorbitant.

Yannick Noah compte parmi la vingtaine d'artistes qui s'insurgent contre la revente de billets à un prix exorbitant.

AFP

Ils demandent aux autorités d'agir contre cette pratique qui, selon eux, fait s'envoler le prix des places.

Des tickets de spectacles revendus cinq fois leur prix sur internet... c'est «scandaleux», s'insurgent Benabar, Camille, Grégoire, Nicola Sirkis (Indochine), Kad Merad, Yael Naim ou encore Pascal Obispo dans une tribune qui paraît mardi dans le quotidien français «Libération».

L'initiative, née vendredi dernier, réunit déjà une vingtaine d'artistes. La revente de billets de concerts au marché noir sur la Toile est apparue en France voici environ quatre ans.

«A l'époque, très marginale et ciblée sur des manifestations à forte demande», elle s'est depuis «généralisée», a indiqué le président de Camus Productions, Dinh Thien Ngo, qui a recensé «une dizaine de sites qui agissent de façon régulière».

Cette pratique revêt plusieurs formes, de la spéculation à l'escroquerie pure et simple. Certains tentent même d'»assécher» le marché pour faire précisément monter les prix.

Bandes organisées

«Ils sont organisés en bande, cinquante personnes vont dans des points de vente différents pour rafler un maximum de billets et quand le spectacle affiche complet, ils mettent en vente leurs billets soient avec un système d'enchères, soit en fixant dès le départ un prix prohibitif: 300 voire même 500 euros», a expliqué le producteur.

Plus grave, selon lui, d'autres sites «disparaissent avec les fonds sans jamais délivrer de billets». «Certains clients se présentent au concert simplement avec un imprimé ou un e-mail de confirmation en nous disant: «j'ai acheté ma place sur tel site et on m'a dit de venir la retirer sur place», témoigne Dinh Thien Ngo.

«Souvent ces sites payent pour apparaître en tête des moteurs de recherche, ce qui leur donne une certaine légitimité auprès de clients qui ne comprennent pas qu'il s'agit de liens sponsorisés.»

Sanctions à venir

Récemment, plusieurs organisateurs de spectacles sont allés devant la justice pour interdire de telles pratiques.

Mi-janvier, le Tribunal de grande instance de Paris a interdit au site Starlight-Europe.com de revendre des billets pour le spectacle des Enfoirés. Le site proposait des places allant de 199 à 249 euros, alors que le prix officiel était au maximum de 65 euros.

Mais, alors qu'une loi protégeant les manifestations sportives a récemment été adoptée, rien n'existe encore pour les spectacles culturels privés.

Un amendement UMP sur la question, a été adopté à l'unanimité lundi soir à l'Assemblée nationale. La revente habituelle de billets sportifs ou culturels pour en tirer bénéfice mais sans autorisation des exploitants sera donc passible de sanctions. L'amende prévue est de 15'000 euros, 30'000 euros en cas de récidive.

(ats/afp)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!