Prix du pétrole – Hausse: bientôt deux francs le litre à la pompe?
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Prix du pétroleHausse: bientôt deux francs le litre à la pompe?

Après s’être effondré au début de la pandémie, le marché des produits pétroliers connaît depuis une constante remontée dont les consommateurs sentent aujourd’hui les effets.

par
Eric Felley
Les automobilistes vont-ils passer à la caisse?

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Getty Images

Depuis plusieurs mois, les prix du pétrole sont à la hausse, et cela se ressent sur le prix à la pompe qui n’a cessé d’augmenter mois après mois et flirte aujourd’hui avec 1 fr. 86 pour l’essence sans-plomb et 1 fr. 90 pour le diesel (alors qu’on était à 1 fr. 40 il y a une année). Lorsque l’on approche des 2 francs le litre, les consommateurs commencent à devenir nerveux. La dernière fois, c’était en juillet 2008.

Martin Stucki, responsable de l’information chez Avenergy (anciennement Union Pétrolière), rappelle d’abord que «90% du prix à la pompe sont constitués de taxes. L’évolution du prix du pétrole brut est donc marginale sur le prix payé». Mais, comme dans les autres pays, la Suisse est impactée par l’augmentation constante du prix du brut. Ces deux derniers mois, il est passé de 65 à 85 dollars le baril (159 litres).

L’offre mondiale reste serrée

Petit retour en arrière. Lors du début de la pandémie, le prix du baril de brut avait littéralement plongé et il était tombé à 9.10 dollars le 21 avril 2020. Depuis, il n’a cessé de remonter, avec un léger fléchissement lors de la deuxième vague en octobre 2020. Aujourd’hui 25 octobre 2021, il est à 86 dollars et toujours annoncé à la hausse. «Les prix du pétrole restent soutenus car l’offre mondiale reste serrée et la demande continue de se remettre de la pandémie», résume ce lundi un expert sur le site d’Avenergy.

Faible niveau des stocks en Oklahoma

Martin Stucki rappelle que la bourse du pétrole obéit à des mécanismes très difficiles à cerner: «Les facteurs psychologiques font 95% des décisions dans ce domaine. Les acteurs agissent beaucoup à l’émotion». Celle-ci se fonde sur des stocks réels ou supposés ou des signes de production des principaux acteurs. Le site d’Avenergy donne cette indication: «Les acteurs du marché sont de plus en plus préoccupés par le faible niveau des stocks du centre de stockage américain de Cushing, en Oklahoma. Ici, les stocks approchent maintenant le niveau critique de 20 millions de barils». Par ailleurs: «L’OPEP + ne donne pas non plus d’indication sur sa volonté d’augmenter sa production plus rapidement».

Montagnes russes

Il faut enfin rappeler que l’évolution en Suisse des prix de l’essence, du mazout ou du diesel est déterminée par trois facteurs: le prix de revient des produits finis sur les marchés internationaux, le cours d’échange entre le dollar et le franc suisse et les frais de transport jusqu’en Suisse, notamment sur le Rhin. À cela, il faut ajouter les frais inhérents à l’exploitation des stations-service: stockage, transport ou marketing. Martin Stucki estime qu’à court terme, le prix du brut va continuer de monter: «Rien n’indique non plus que cela doit monter indéfiniment», prévient-il. Et de nous renvoyer à l’évolution du prix de l’essence sans plomb, qui ressemble à des montagnes russes. Entre 2011 et 2014, le prix du baril s’était maintenu au-dessus de 100 dollars durant presque quatre ans, puis il avait perdu la moitié de sa valeur en 2015. Les prix à la pompe avaient suivi.

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