Russie - Haute trahison: le patron d’une société de cybersécurité arrêté
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RussieHaute trahison: le patron d’une société de cybersécurité arrêté

Le directeur doit purger deux mois de prison préventive pour des motifs inconnus. En Russie, rencontrer un étranger est déjà considéré comme suspect, selon un observateur.

Image d’illustration.

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Le directeur de la société russe de cybersécurité, Group-IB, a été arrêté et placé en détention provisoire pour deux mois, la justice russe le soupçonnant de «haute trahison», a indiqué mercredi, l’instance compétente. Fondée il y a 18 ans, cette société spécialisée dans la détection et la prévention des cyberattaques est un «partenaire officiel d’Interpol et d’Europol», selon son site. Elle est un leader sur le marché russe et travaille dans de nombreux pays étrangers.

Le tribunal Lefortovski de Moscou a ordonné mardi, selon un communiqué, de placer en détention Ilia Satchkov, fondateur et chef de Group-IB, jusqu’au 27 novembre. Des perquisitions ont visé mardi les bureaux de la société à Moscou. La juridiction ne donne aucun détail sur ce qui est reproché à l’entrepreneur, comme c’est généralement le cas dans les affaires de haute trahison.

«L’administration et les services juridiques du groupe cherchent à éclaircir cette situation», a indiqué pour sa part mercredi Group-IB, dans un communiqué, en assurant que la société continuait d’assurer «la sécurité des données de ses clients et le fonctionnement de tous ses services».

Un scientifique et un ex-journaliste

Les procès pour «espionnage» ou «haute trahison», toujours tenus à huis clos et dont les détails sont secrets, se sont multipliés ces dernières années en Russie, les autorités affirmant régulièrement déjouer des complots ou des opérations des Occidentaux. En août, un scientifique à la tête d’un institut de recherche spécialisé dans les technologies hypersoniques a été arrêté, accusé d’avoir transmis à un «citoyen étranger» des «informations secrètes» liées à ses recherches.

Une autre affaire d’espionnage controversée implique l’ex-journaliste Ivan Safronov, spécialisé dans les questions de défense, qui clame son innocence. Dans un article paru en juillet, il a dénoncé l’arbitraire des services de sécurité et de la justice qui cautionne ces affaires. Selon M. Safronov, le système répressif est tel que «toute personne ayant eu un contact avec un étranger» peut potentiellement être accusée de «trahison» en Russie.

(AFP)

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