Hockey sur glace - HC Bienne: que faire de Lars Leuenberger?
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Hockey sur glaceHC Bienne: que faire de Lars Leuenberger?

La saison du HC Bienne, balayé par Rapperswil en pré play-off (2-0 dans la série), s’est terminée en queue de poisson. Reste désormais à régler la question de l’entraîneur: faut-il, oui ou non, prolonger le contrat de Lars Leuenberger?

par
Cyrill Pasche
Lars Leuenberger avait succédé à Antti Törmänen, gravement atteint dans sa santé. 

Lars Leuenberger avait succédé à Antti Törmänen, gravement atteint dans sa santé.

Les dossiers sur la table du directeur sportif Martin Steinegger sont nombreux: et la question de l’entraîneur du HC Bienne en vue de la saison prochaine est sans doute la plus urgente à régler.

Il s’agira ensuite de s’attaquer au renouvellement de la légion étrangère. Le «Sportchef» du HCB aura au moins une certaine marge de manœuvre puisque seul le Finlandais Toni Rajala sera encore sous contrat cet automne. La direction sportive doit impérativement améliorer son recrutement hors du pays.

Concernant l’entraîneur du HCB version 2021-2022, la question est relativement simple: faut-il, oui ou non, prolonger le contrat de Lars Leuenberger, engagé en début de saison suite à l’annonce de la grave maladie (cancer) du titulaire du poste, le Finlandais Antti Törmänen?

Lars Leuenberger aimerait poursuivre l’aventure avec le HC Bienne. Obtiendra-t-il un nouveau contrat pour la saison 2021-2022?

Lars Leuenberger aimerait poursuivre l’aventure avec le HC Bienne. Obtiendra-t-il un nouveau contrat pour la saison 2021-2022?

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Si la question est simple, la réponse, par contre, est plus compliquée. Précision utile: le contrat de Törmänen arrive à échéance au 30 avril. Impossible toutefois d’affirmer que la santé du Finlandais, qui reste certainement le premier choix de la direction sportive, lui permettra de revenir sur le banc d’une équipe la saison prochaine.

Trois possibilités s’offrent désormais à Martin Steinegger:

1. Un duo Törmänen – Leuenberger

Lars Leuenberger et Antti Törmänen ont remporté le titre à Berne en 2013. 

Lars Leuenberger et Antti Törmänen ont remporté le titre à Berne en 2013.

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Prolonger les contrats des deux hommes, pour autant que la santé d’Antti Törmänen lui permette un retour sur la glace, et former un duo de coaches. Lars Leuenberger en charge des entraînements et du «daily business» par exemple, Antti Törmänen avec un rôle plus en vue sur le plan du coaching pendant les matches. Une formule inédite qui permettrait à Törmänen de retrouver ses marques à son rythme, et lui permettrait aussi, en cas de besoin, de s’octroyer des pauses si sa santé l’exige. Les deux hommes ont déjà travaillé ensemble à Berne, où ils ont notamment remporté le titre de champion de Suisse en 2013 avec Törmänen en tant que coach principal. Seul inconvénient: les finances puisqu’il s’agirait le cas échéant de rémunérer deux entraîneurs au lieu d’un seul.

2. «LL» seul au poste d’entraîneur

Lars Leuenberger a hérité du poste le plus compliqué de la ligue en succédant au très apprécié Antti Törmänen. Depuis son arrivée à Bienne en décembre 2017, le Finlandais avait placé la barre très haut en hissant son équipe au 3e, 4e et 5e rang entre 2018 et 2020, avec deux demi-finales à la clé. Dans une saison normale, soit sans pré play-off, Leuenberger aurait aisément qualifié le HCB pour les play-off (7e rang avec un total de 78 points). Ses performances s’alignent parfaitement avec les trois dernières campagnes réussies de Törmänen.

Le Saint-Gallois de 46 ans a démontré cette saison qu’il a les épaules pour diriger une formation de l’élite sur la durée. Hormis un début d’exercice compliqué et une fin abrupte contre Rapperswil en pré play-off, «LL» a rempli sa mission et s’est investi sur le banc du HCB. L’évolution positive de son équipe au travers d’un championnat biaisé en raison du Covid atteste de ses capacités et mériterait un deuxième regard.

Reste toutefois une question philosophique: un directeur sportif peut-il vraiment confirmer au poste d’entraîneur principal un technicien qui vient de se faire balayer en deux matches par une équipe aussi modeste que Rapperswil? Comment ce message serait-il perçu?

Leuenberger: «J’aimerais poursuivre le travail»

Lars Leuenberger souhaiterait rester au HC Bienne la saison prochaine. Le puck, toutefois, est dans le camp de la direction sportive. Interrogé au sujet de son avenir avant le début du pré play-off perdu contre Rapperswil, l’entraîneur de 46 ans, qui avant d’obtenir sa chance à Bienne avait étonnamment été snobé par toutes les équipes de l’élite depuis 2016 et son titre de champion remporté avec Berne en tant que coach principal, n’a pas esquivé la question. «Oui, j’aimerais rester au club et poursuivre le travail que j’ai commencé. La situation était toutefois claire depuis le début (ndlr: en raison des incertitudes autour d’Antti Törmänen) et je suis conscient qu’une décision ne sera prise que tardivement», a-t-il dit. «J’ai du plaisir à diriger ce groupe. Le développement de l’équipe a été positif. Depuis Noël, je pense que nous figurons dans le Top 3 en termes de rendement et de points par match.»

Le fait d’être qualifié ou non pour les play-off pèsera-t-il lourdement dans la balance? «Je ne sais pas, a-t-il répondu avant le premier acte perdu mercredi contre Rapperswil. Par contre, je pense que l’on ne doit pas juger le travail effectué uniquement sur la base d’une qualification ou non pour des play-off. Le plus important est le développement de l’équipe, et pour moi celui-ci était réussi. Au début, nous avons eu besoin de temps pour bien intégrer Joren van Pottelberghe et gérer l’après Jonas Hiller. Ensuite, nous avons adapté notre système de jeu à la fin du mois d’octobre après le match de Coupe perdu à Lausanne. C’était un choix judicieux, car à partir de là, nous avons fait partie des équipes les plus performantes.»

3. Nouveau coach, nouveau départ

La troisième option est de faire table rase du passé et prendre un nouveau départ. Exit Törmänen, exit Leuenberger. Humainement un choix extrêmement difficile, avant tout concernant Törmänen…

Un coach suédois à la mode, un autre Finlandais, ou plutôt un Nord-Américain afin d’opérer un changement de philosophie de jeu radical? Ou alors un ancien de la maison?

Une piste mènerait sans doute à Heinz Ehlers, actuellement au Danemark où il occupe le poste de sélectionneur national. L’homme qui a guidé le HCB en LNA en 2008 vivait à Bienne même lorsqu’il entraînait Langnau (2016 à 2020) et entretient toujours de bonnes relations avec les dirigeants seelandais.

Heinz Ehlers est l’entraîneur de la promotion en LNA (2008). 

Heinz Ehlers est l’entraîneur de la promotion en LNA (2008).

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Le Danois a un avantage: il a toujours su tirer un maximum des équipes qu’il a entraînées (un modeste Lausanne à l’époque entre 2013 et 2016, puis Langnau). De quoi serait-il capable avec, enfin dans sa carrière, une équipe de l’élite plus compétitive? Et puis, une couche de béton défensif ne ferait sans doute pas de mal au HCB, notamment en play-off.

Ou est-ce que le HCB pourrait être tenté de s’éloigner des pistes nordiques et helvétiques pour revenir à un technicien canadien? Le nom de Jeff Tomlinson (Rapperswil), libre en fin de saison, ne manquera certainement pas de circuler. Outre Mike McNamara (de novembre 2016 à novembre 2017), il faut toutefois remonter à avril 2010 pour trouver trace du dernier entraîneur nord-américain au HC Bienne: Kent Ruhnke (2008-2010).

Depuis qu’il dirige les activités sportives du HCB (2012), Martin Steinegger n’a toutefois dû engager ou placer que trois entraîneurs: le Canadien Mike McNamara (qui était le coach des juniors élites seelandais) après le licenciement de Kevin Schläpfer en novembre 2017, Antti Törmänen puis Lars Leuenberger. Autant dire qu’il n’a jamais pris de risques dans le choix de ses entraîneurs et n’est jamais allé les chercher bien loin…

Etrangers: le grand coup de balai?

La fraction étrangère du HCB était sans aucun doute la plus faible de la ligue. Le Finlandais Toni Rajala (sous contrat jusqu’en 2022) a connu sa pire saison depuis son arrivée dans le Seeland en 2016 (46 matches, 32 points, dont seulement 12 buts). Il sera le seul mercenaire encore sous contrat la saison prochaine.

Marc-Antoine Pouliot – pressenti à GE Servette - a certes été une valeur sûre et un pion important, mais le Québécois a tout de même fortement ralenti cette saison. Il n’a pas été aidé par la méforme chronique de Rajala, son ailier attitré depuis plusieurs saisons. Le défenseur finlandais Petteri Lindbohm a connu quelques bonnes séquences avant Noël, mais il a piqué du nez en 2021, au point de devenir un arrière quelconque. Le champion du monde 2019 ne justifie plus une place dans l’alignement. L’Autrichien Konstantin Komarek a fait le boulot mais reste tout de même bien trop limité pour endosser un rôle d’étranger en National League. Enfin, le HCB a été malchanceux avec Perttu Lindgren. Le Finlandais et ex MVP du championnat (transféré à Bienne avec Luca Hischier) aurait dû être une pièce essentielle de l’échange qui a envoyé le Suédois David Ullström et Valentin Nussbaumer à Davos. Blessé, Lindgren n’a joué que quatre matches au HCB.

L’avantage pour la direction sportive est qu’elle dispose désormais d’une grande marge de manœuvre pour renouveler sa légion étrangère. Et en cas de départ de Janis Moser en NHL, le club seelandais aurait même la possibilité d’aligner un cinquième étranger. Reste toutefois deux problèmes de taille: les finances et le recrutement. Martin Steinegger disposera-t-il d’une enveloppe suffisamment épaisse pour engager de meilleurs étrangers que cette saison? L’historique du club montre aussi que le recrutement des joueurs étrangers, à quelques exceptions près au cours des dernières années, est un point faible et très largement insuffisant.

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